PREFACE XXI
\qucrclles littéraires; il devait voir du rivage la teinipête qui brisait la barque du jeune Fontenelle. Racine ne put résister au malin plaisir de lancer un de ces traits quil savait si bien aiguiser. Mais, si l'on sourit devant Vépigramme de Kacine , il n'en est pas de même du portrait laissé par La Bruyère : autant nous serons indulgent pour l'auteur de Phèdre, autant nous blâmerons r auteur des Caractères. Le portrait de Cydias désigne, dit-on, malgré les clefs, Fontenelle, et (non Perrault; mais on a voulu toujours y voir le premier. Avant de relever les attaques du moraliste, examinons de sang-froid la situation.
La Bruyère a publié ses Caractères en 1687. Quelle figure faisait alors Fontenelle? S'il faut en croire ses biographes , il vivait encore à Kouen, où « il étudioit les sciences, où, par d'immenses lectures, il se préparoit à entrer dans la carrière des lettres » . « Outre diverses pièces envoyées au concours de /'Académie françoise, (7 écrivoit dans le Mercure GALANT sans signer. Il s'essayoit dans le genre tragique par la tentative malheureuse cf'AsPAR; (7 dont noit en i683 les Dialogues des morts , qui comf mencèrent sa grande réputation n, dit l'abbé Trublet. « En 1684 parut le Jugement de Pluton , qu'on '- peut considérer comme l'examen critique des Dialoi GUES; en i685, /'Éloge de Pierre Corneille; la l même année , les Lettres du chevalier d'Her***, ouvrage que Fontenelle n'a jamais avoué. Cette même