‹ Œuvres choisies de FontenelleChapitre 19 sur 61 · XXII PREFACE · texte numérisé non relu

XXII PREFACE

année encore, deux niémoircs sur /'Arithmétique; en 1686, Entretiens sur la pluralité des mondes, et /'Histoire des oracles en 1687. « Fontcnelle, âgé alors de trente ans, avait conquis ses plus beaux titres à la réputation littéraire. C'est à ce moment que La Bruyère écrit ce fangeux portrait de Cydias ail il est accusé de tenir un atelier de con^position : « C'est un écrivain public auquel on fait des commandes et qui tient un magasin... » Qiie dire de ce trait?... « Fade discoureur, qui n'a pas mis plutôt le pied dans une assemblée qu'il cherche quelques femmes auprès de qui il puisse s'insinuer, se parer de son bel esprit ou de sa philosophie et mettre en œuvre ses rares conceptions... » Evidemment La Bruyère jugeait de Fontenelle par supposition, il s'en rapportait à la mise en scène des Entretiens sur la pluralité des mondes. Mais, en ndmetiant que Fontenelle fût le pédant et le précieux que prétend La Bruyère, est-il de bon goût de dire « qu'il est fait pour être admiré de la bourgeoisie et de la province » ? Si La Bruyère veut se porter coninie interprète des grands et des gens de la cour, il donne une idée singulière du ton et de la politesse de ceux qu'il fréquente. Comment expliquer ces attaques trop passionnées de la part de La Bruyère? Il était de la coterie [qu'on nous pardonne le mot, qui nous paraît juste) des partisans des Anciens contre les tenants des Modernes; il était lié avec Racine et Boileau, il visait à l'Acadéniie, et

PREFACE xxiii

/ voyait un concurrent dans le jeune Fonienclle , qui, n effet, y entrait deux ans avant l'auteur des Carac-

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