PRÉFACE XXV
ies partisans à la cour, à la ville, et aussi à l'Académie Ue-mcme. Ses amis, il ne les devait qu'à son mérite oersonnel , à son influence littéraire , et ce n'est pas oarmi les affections de la première heure que nous chercherons nos témoignages : nous attendrons que les ardeurs soient -calmées. Il y aura plus de chances de rencontrer la note juste.
En 1740, le marquis d'Argenson écrivait dans ses MÉMOIRES : (( Je n'approuve guère le goût de notre ùècle [le XVIII^; que dans l'ennui qui a pris de l'éloquence longue et pédantesque. La véritable éloquence, c'est l'heureux choix du mot propre. Molière le savait à merveille, La Kochefoucauld aussi, mais encore mieux Fontenelle... »
Dans un autre endroit il dit : « Diderot déguise avec art les questions épineuses et dangereuses pour la religion. Je trouve qu'il affecte trop les termes d'art. C'est le tort de nos philosophes modernes. Fontenelle, Saint- Evremond, les écrivains du dernier siècle, n'avoient pas ce défaut » ; et ailleurs : « Il faut convenir que Fontenelle, en sauvant avec beaucoup d'art la sécheresse des nialières qui ont fait l'objet du travail de ceux qu'il loue, dit du moins presque toujours ce qu'il faut dire ; il est à craindre que ses successeurs ou ses iniitateurs ne trouvent plus court d'en parler fort peu. »
Voici trois lignes d'un ami de Fontenelle qui, dans leur précision délicate et piquante, sembleraient, si elles