XXX PREFACE
intérêt pour les misères de son époque. Kencontreraiton chez beaucoup d'écrivctins du XVII^ siècle et de la première moitié du XVIII^ un grand nombre de passages seniblables à celui-ci ?
« Une curiosité dont ceux qui sont en place devroient bien s'occuper dans leurs voyages pour employer utilement leur temps à l'exemple de quelques grands hommes, ce serait de s'informer avec soin de la valeur des terres, de ce qu'elles rapportent , de la manière de les cultiver, des facultés des paysans, de leur nombre, de ce qui fait leur nourriture ordinaire, de ce que peut leur valoir en un jour le travail de leurs mains : détails méprisables et abjects en apparence et qui appartiennent cependant au grand art de gouverner. » Oser louer Vauban à propos du livre qui avait cause la disgrâce de ce grand /lomnie de cœur, c'était un acte de courage et en niême ienips une preuve de sensibilité :
Sunt lacrymse rerum, et mentem mortalia tangunt.
Ce vers du poète latin s'applique parfaitement à l'âme de Vauban et convient aussi à celle de Fontenelle. «Il méprisait, dit-il encore en parlant du même Vauban, cette politesse superficielle dont le monde se contente et qui couvre souvent tant de barbarie. »
Que Fontenelle ait porté son attention sur les choses et les hommes de son siècle, qu'il ait jugé en