IV PREFACE
L'illustre centenaire qui devait garder dans l'histoire de notre littérature le nom de Fontenelle naquit le II février iGb-j. Parce qu'il ne fut baptisé que trois jours après sa naissance, son premier biographe offciel, Lebeau, a dit : « Cet enfant, qui ne semblait pas assez fort pour respirer une heure, a vu sa centième année. » Sans chercher du merveilleux au début d'une existence qui devait dépasser les limites ordinaires, il est permis de croire que l'attente du baptême a eu pour cause la rigueur de la saison. La température n'est généralement pas clémente à Kouen, au mois de février ; et puis, le père de l'enfant, François LeBovyer, écuyer, sieur de Fontenelle, avocat au parlement de Kouen, devait être assez influent pour obtenir de son église paroissiale un sursis de deux jours pour le baptême du nouveau -né Bernard j peut-être aussi attendait-on la présence du parrain, Thomas Corneille, qui, au début de sa carrière littéraire et dramatique, suivait sans doute à Paris les représentations de
son TiMOCRATE.
Ce neveu des Corneille par sa mère, Marthe Corneille, fut d'abord un enfant prodige. Le second de quatre frères, il demeura l'aîné par la mort prématurée de Joseph. On le mit, suivant les usages dû temps, de bonne heure aux études, puisqu'il avait terminé ses classes avant l'âge de quinze ans ; et il avait dû suivre deux années un cours de philosophie rédigé et discuté en latin. Si nous ne voyons plus au-