‹ Œuvres choisies de FontenelleChapitre 4 sur 61 · PREFACE V · texte numérisé non relu

PREFACE V

jourd'hui de ces fruils précoces, cela vient de ce que nos programmes scolaires sont autrement conipliqués.

Les jésuites, chez qui le jeune Le Bovyer étudia, se contentaient d'enseigner un peu de latin avec les élégances de convention. Développant chez leurs élèves, quand les sujets s'y prêtaient, les côtés brillants de l'imagination, ils ornaient leur mémoire de tirades dramatiques composées en langue latine, chez eux et par eux, pour leur théâtre privé ; peu de langue française ; l'étude de l'histoire consistait en un maigre résumé chronologique ; quant aux sciences telles que nous les entendons aujourd'hui, on n'en parlait même pas.

Un enfant bien doué pouvait, à la rigueur, parcourir assez rapidement ces étapes scolaires, il y brillait quand cet élève était un Fontenelle, et il devenait un hon-inie supérieur, les circonstances aidant, comme il arriva pour notre centenaire '.

Il était d'usage alors de compléter les cours du collège par l'étude du droit civil, du droit canon, et aussi du droit coutumier ; cet usage était, presque une

I. L'abbé Trublet, l'ami de Fontenelle, qui a écrit sur lui, dans le Dictionnaire de Moréii, une notice très détaillée, dit que les jésuites cherchèrent à faire entrer dans leur société ce brillant disciple qu'ils avaient jugé par cette note : Adolescens omnibus partibus absoluius et inter discipulos princeps, « jeune homme accompli et le premier parmi ses condisciples » .

Page 1