‹ Œuvres choisies de FontenelleChapitre 6 sur 61 · PREFACE VII · texte numérisé non relu

PREFACE VII

ils tenaient dignement leur place dans le monde littéraire ; et les Muses avaient été, quoi qu'on en dise, plus libérales envers eux que n'eût pu l'être Thémis ou la chicane.

Ainsi Fontenelle, en renonçant à la charge paternelle pour la carrière des lettres, ne s'exposait pas à courir les aventures; ses oncles étaient à même de lui ménager des protecteurs, et notre audacieux débutant avait déjà assez d'expérience de la société normande pour ne pas exciter contre lui des haines violentes.

Fontenelle avait dix-sept ans quand il visita Paris pour la première fois ; il dut descendre chez son oncle et parrain Thomas Corneille, qui avec de Visé dirigeait le Mercure galant. Dès 1674 le vainqueur aux Palinods envoyait une pièce ci /'Académie française, et, s'il n'était pas couronné, du moins il obtenait la première mention honorable après le lauréat Lamonnoye, de Dijon.

En 1677 le Mercure accueillait ses compositions en prose et en vers, mais généralement Fontenelle gardait l'anonyme. Trublet dit tenir de Fontenelle qu'il collabora avec son oncle Thomas aux opéras de Psyché ef c/eBELLÉROPHON, etc. Tous ces travaux, Fontenelle les faisait ci Kouen, car il ne revint à Paris qu'en idSi, pour y faire jouer sa tragédie d'AsPAR, qui n'est plus connue que par l'épigramme de Racine. L'auteur, se soumettant au jugenient du public, eut le courage de jeter au feu son essai malheureux .

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