VIII PREFACE
Trente ans s'étaient à peine écoulés depuis que Pascal avait écrit : « Le peu de gens avec qui on peut comnmniquer des sciences abstraites m'en a dégoûté », quand Fontenclle osa présenter en langue française ' des leçons sur les sciences abstraites. N'était-ce pas courage et audace ? Molière, dans les Femmes savantes, avait bien un peu tourné en ridicule la prétention du beau sexe d'arriver à parler des graves questions réservées jusque-là aux gens doctes, et, par cette raison, toujours ou presque toujours exposées dans la langue mystérieuse des anciens Komains. Boileau, en attendant l'heure de frapper lourdement sur les feninics da'ns sa fanieuse lo^ satire, décochait ( i6y5) un trait méchant contre les dames du monde qui s'occupaient d'astronomie :
Qu'un astrolabe en main une autre aille chercher, etc.
Fontenelle, qui lui aussi cherchait sa voie, et qui sans doute n'était pas fâché de prouver au public qu'il pouvait traiter d'autres matières que des opéras, des tragédies, des dialogues, ou des lettres galantes, etc., Fontenelle écrivit ses Entretiens sur la pluralité DES mondes.
Mais notre nouveau docteur, après avoir étudié en solitaire, car ce n'était pas au collège des Jésuites de Kouen qu'il avait été initié à l'astronomie, loin de s'adresser aux représentants de la science, pousse la