LES ENFANTS TERRIBLES
une gouvernante anglaise cl un King's-Charles. — Vous avez créé une enfance de convention qui n'a aucun rapport avec le moutard pur sang. Par vos récits et vos peintures, vous induisez frauduleusement les gens en paternité, ce qui est un délit que le code a oublié de punir. Mais à quoi pense le code !
Par malheur, l'enfant réel ne ressemble guère à tous ces portraits de fantaisie : c'est un simple bimane à grosse tête, à bedaine proéminente, à membres grêles, à genoux cagneux, qui lèche les confitures de sa tartine, fourre ses doigts dans son nez, et bien souvent, vu la rigueur de la saison, fait de sa langue ou de son coude un mouchoir, comme le gamin moyen âge dont il est question dans Notre-Dame de Paris.
Un homme d'esprit, nous ne disons pas son nom de peur de lui nuire, à qui une femme demandait s'il aimait les enfants, répondit : « Oh oui ! madame, beaucoup : — à huit heures du soir, — parce qu'on les couche ; — ou quand ils sont très-méchants, — parce qu'on les emporte. »
Quel trouble, quel désordre jettent dans un intérieur ces démons baptisés! avec eux plus de rêverie, plus de travail, plus de conversation possible. Ils choisissent le moment où vous cherchez une rime à oncle pour exécuter leur plus stridente fanfare de trompette en fer-blanc : ils battent du tambour, juste quand vous alliez trouver la solution de votre problème ; ils égratignent vos meubles, et prennent, à écouter le bruit que font en tombant les porcelaines de la Chine et du Japon, le même plaisir que les singes dont ils sont une famille non encore classée. Si vous avez un beau portrait de femme auquel vous teniez beaucoup, ils n'ont rien de plus pressé que d'y dessiner des moustaches avec du cirage ; pour faire une galiote en papier, ils sauront bien trouver au fond de votre tiroir le titre d'où le gain de votre procès dépend; et malgré votre surveillance, ils finissent par accrocher une casserole à la queue de votre chat ou de votre épagneul favori.
Mais ce ne sont là que de faibles inconvénients. Les enfants sont nos espions, nos ennemis, nos dénonciateurs ; ils nous observent d'un œil inquiet, furtif et jaloux, ils ne cherchent qu'à nous prendre en faute; il nous haïssent de toute la haine du domestique pour le maître, du petit pour le grand, de l'animal pour le cornac. Ils nous rendent en trahisons, en avanies de toutes sortes, les leçons de grammaire et de civilité puérile et honnête que
OEUVRES DE GAVA H M
nous leur faisons subir. Gavarni, ce profond philosophe, a le premier constaté ce penchant dans sa série de dessins les Enfants terribles, le plus éloquent plaidoyer qu'on ait jamais fait en faveur du célibat. En feuilletant ces tableaux d'une vérité si grande, on se sent des envies de laisser finir le monde ! car ils n'épargnent rien, ces monstres, avec leur candeur sournoise et leur naïveté machiavélique : ils trahissent la mère et l'amant, le père et la maîtresse, le domestique et l'ami ; leur cruauté tenace s'en prend à tout. Les secrets du boudoir, du cabinet de toilette et de la cuisine, rien n'est sacré pour eux. — Us découvrent à l'amoureux désenchanté les mensonges cotonneux du corsage de madame ; ils apportent en plein salon le casque à mèche de monsieur. Chaque visiteur apprend par leur entremise le mot désobligeant qui a été dit sur lui. — A celui-ci, l'enfant terrible demande pourquoi il a des yeux comme des lanternes de cabriolet ; à celui-là, pourquoi on n'a pas tiré de feu d'artifice à sa naissance. Que de catastrophes, que de duels, que de séparations ont amenés ces bandits en jaquette et en pantalon à la matelote, par leurs révélations inattendues, par leurs caquets scélérats ! Et le mal qu'ils font, ils en ont la conscience, quoi qu'on en dise; leur air bête n'est qu'un masque. — Les enfants sont féroces par caractère : ils se plaisent à faire le mal, à plumer des oiseaux vifs, à causer des scènes et des querelles; car jamais ils ne rapportent une chose indifférente , c'est toujours la phrase dangereuse qu'ils vont redire tout en se balançant sur les genoux de la victime. Ouf! quelle tirade, quel dithyrambe ! mais ne nous laissons pas aller par réaction à un paradoxe inverse. Certes, les enfants ne sont pas des anges, mais ce ne sont pas non plus des diables. Il n'y a qu'à les débarbouiller souvent et à les fouetter quelquefois pour en faire de petits êtres fort gentils, fort mignons et fort poupins, très-dignes d'èlre trouvés charmants par d'autres même que par leurs mères.
Théophile GAUTIER
P.ir Gavai» xi
Gravé par Vehdkii.
Les Enfants Terribles.
Pur Gavahni.
Grave par Gpsman.
l'a r Gavarni.
Gravé par Brevière
ŒUVRES DE GAVARN1
Les Enfants Terribles.
Maman, c'est Mosieu.. . tu sais? ce M'sieu qui a ce ne/....
Par G.wakni
Grave par Baulaxî.
ŒUVRES DE GAVARNI
Les Enfants Terribles.
Par Gavahsi
Gravé par Gussi \n
LEUVRF.S DE GAVARNI
Les Enfants Terribles.
lia honns bisque, va, Mman, de sj, lever comme ça de bonne heure, depuis que t'es revenue.... Dame ! quand tu étais à Arpajon, Amanda mangeait toujours son café dans son lit.... c'était papa qui ouvrait au laitier, le matin, et qui allumait le feu.... Ah l mais il était joliment sucré le cafél.
I\»r Gavaii.m
tiî-.ivô par C a que
ŒUVRES DE GAVARNI
Les Enfants Terribles.
... Monsieur Albert? c'est un monsieur du Jardin des Plantes, qui vient lous les jours pour faire l'explication des bêtes à maman : un grand qui a des moustaches que tu ne connais pas. 11 n'est venu aujourd'hui qu'après qu'on a eu fermé les singes... lu sais comme est maman? elle l'a joliment arrange, va! Ph ! comme tu n'en as presque plus sur le dessus, des cheveux, papa.
l'ai Gavakni
Gravé par G vuchaud
ŒUVRES DE GAVARN1.
Les Enfants Terribles
Par Gavarxi.
Gravé par Loiseau
Les Enfants Terribles
— Le spectacle, était-ce tien? et a-t-il été raisonnable, Lolo?
— Lolo ! ne m'en parle pas... Je dis en entrant : « C'est un enfant de six ans et demi. ■» Voilà— t— il pas que mosieu s'en va : « Mon papa, j'ai sept ans passés, je ne suis plus un enfant. . » Désagréable moutard ! 11 ma fallu payer place entière.
Par G.WAUNi.
Gravé |>ar Li ul.\>c.
Les Enfants Terribles.
N'est-ce pas, mosieu Prud'homme, qu'il ne faut pas mettre un H a omelette? là! vois -tu, m'manî
l'ai Gavai; m
Gravé par Bhugnot
ŒUVRES DE GAVARNI
Les Enfants Terrible;:
t'ai' Gavarxi
Gravé Rouget.
OEUVRES DE GAVARN1.
Les Enfants Terribles.
Par Gavarm.
Gravé par Cottak»
Les Enfants Terribles.
Gravé par Diolot.
ŒUVRES DE GAVARN1.
Par Gavarni.
Gravé p;n Bauunt
ŒUVRES DE GAVARNI
Les Enfants terribles.
Je le dirai! que t'as encore pris dans le petit pot du rouge que Maman
se met.
Par Gavarni.
Grave par Lavieii.le
COUVRES de gavarni
Les Enfants Terribles.
Mère! est-ce que c'est le crevé de ce matin que las dit que ça serait toujours assez bon pour lui?
Par Gavarm
Grave par La vieille.
Par' Gavahni.
Gravé par Loiskai;
OEUVRES DE GAVARNL.
Les Enfants Terribles.
Par Gavarni
Gravé par Verdeil.
ŒUVRES DE GAVARNI
Les Enfants Terribles.
Ta ne sais pas, petit papa ^ cet animal de Maurice, il n'a (ait que (aire pleurer
maman...... qu'est-ce que ca lui fait, à lui que tu invites monsieur d'Albert à dîner? tiens!
Par Gavarni. Gravé par Bara kt Gérard
Les Enfants Terribles.
Par Gavvrni.
Gravé par Lavieille.
ŒUVRES DE GAVARNI
— Houp! houp ! papa.... Ah ! mais tu ne fais pas si bien le cheval que Jamsset, dame !
— Qu'est-ce que Janîsset? un de tes petits camarades!
— Tu es (arce! papa.... Janissei il est un officier des soldats du roi qui venait tous les jours, tous les jours, tous les jours ici, pendant que tu n'y as pas été!.... Houp ! houp!. .. 'Et quand il est parti pour l'armée des Bédouins.... houp! houp 1 maman a joliment pleuré.. .
Houp!.... Ah! comme il faisait bien le cheval celui-là'....
Par Gavakm.
Gravé par Gauchard.
Les Enfants Terribles
l\lf (i.WAllM.
Gnivô pa i I! vu \ ot Géh uu><
ŒUVRES DE GAVAKNI.
Les Enfants Terribles.
Pat Gavaum.
Gravé par Castan.
Par Gavarni.
Gravé par Lavikii.i.k
ŒUVRES DE G AV ART'îl
Lss Rnfan'.s Terribles
Celle madame de Lisusaint est-elle bête ! puisque je suis Charles Dubourg et que tu es mon papa, tu ne pourrais pas (appeler Georges Dandin.
Par Gavakxi.
Gravé par Iîara ri Géiî irn
ŒUVRES DR GAVARN1
Les Enfants Terribles.
Est-ce que c'est vrai, Mosieu d'Alljy, que lu couperais des liards en quatre ? — Sapristi !.... comment donc que tu peux faire?
Par Gava km
Grave pai Porret
ŒUVRES DE GAVARNI
La rose que vous avez donnée à maman?... Ah? oui, oui I... que vous avez manqué de vous casser le cou pour l'avoir?... Eh bien! mon cousin Anatole l'a mise à la queue de Jacobin, l'âne à Matthieu... Maman a joliment ri!... Est-ce que vous en avez encore des noisettes?
Par G.WAii.M.
Gravé par Baba el Gébabd.
Par Gavakni.
Grave' par Caqué.
OSUVRES DE GAVARN1
Les Enfants Terribles.
Par Gavarm
Gravé par Vebtoii..
ŒUVRES DE GAVARN1.
Les Enfants Terribles.
Par Gavahni
Gravé par Leblakc.
ŒTJ73ES de gavakni
Tj ».s Loreues.
J'ai assez va mon cousin, moi, m man, viens-tu t'en ?
Par Gavaism.
Gravé pur Tamisiei;
lEUVRESDE GAVARNt.
Les Enfants Terribles
N'est-ce pas, père, que l'es catholique?
l'ai Gavaum.
Gravt: \n\r Lavikii.i v.
ŒUVRES DE GAVARNI. Les Enfants Terribles.
P. Il fiAVAllNl
(iravé par Lavihllk
ŒUVRES DE GAVARN1.
Les Enfants Terribles
— Petit amour , comment s'appelle madame votre maman?
— Maman n'est pas une dame, monsieur : c'est une demoiselle.
Par Gavakm
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OEUVRES DE GAVARNl.
Les Enfants Terribles.
l'iU' Gavaiim
Gravé par Diolot
ŒUVRES DE GAVARN1.
Les Enfants Terribles.
— Tu ne sais pas ta leçon, ta lante va venir, tu seras grondé ' ..
— Ah! oui ! ma tante... elle est avec la grosse femme pour les cheveux... Vous ne savez pas comme c'est long à ôter, vous, ce qu'on met dans les cheveux à ma tante pour qu'ils soient noirs après...
Par Gavauni
Gravé par Gottahd
COUVRES DE GAVARN1.
OEUVRES DE GAVARN1
Les Enfants Terribles.
— Adieu, Madame, à bientôt, puisque vous permettez que je vienne ainsi vous ennuyer quelquefois.
— Oh 1 Monsieur, vous ne m'ennuyez jamais.
— Si, Maman, tu as dit, l'autre jour, qu'il était ennuyeux.
— C'est pas vrai!... 0 bien1 maman, voilà monsieur Georges qui ment encore L. Maman a dit qu'il était bête et ennuyeux... Voilà.
l'.ir (iavak.m
Grave par Montigneul