‹ Œuvres choisies de Gresset (volume 2)Chapitre 99 sur 134 · CLÉON, GÉRONTE, VALÈRE · texte numérisé non relu

CLÉON, GÉRONTE, VALÈRE

CLÉON

Ne suis-je pas de trop?

Non, non, mon cher Cléon; Venez, et partagez ma satisfaction.

CLÉON

Je ne pouvois trop tôt renouer connoissance Avec monsieur.

VALÈRE

I J’avois la même impatience.

CLÉON, bas, à Valère.

Comment va?

LE MÉCHANT

aie

V A L K U E , bo«, à Cléon.

Patience.

GÉRONTE, ba*, à Cléon.

Il est complimenteur;

C’est un défaut.

CL ÉON

Sans doute; il ne faut que le cœur.

GÉRONTE

J’avoîs grande raison de prédire à ta mère Que tu serois bien fait, noblement, sèr de plaire :

Je m’y connois, je sais beaucoup de bien de toi.

Des lettres de Paris et des gens que je croi...

VALÈRE

On reçoit donc ici quelquefois des nouvelles?

Les dernières, monsieur, les sait-on?

GÉRONTE

Qui sont-elles?

Nous est-il arrivé quelque chose d’heureux?

Car, quoique loin de tout, enterré dans ces lieux,

- Je suis toujours sensible au bien de ma patrie :

Eh bien? voyons donc, qu’est -ce? apprends-moi, je te pri

VALERE, d’un ton précipité.

Julie a pris Damon, non qu’elle l’aime fort;

Mais il avoit Phryné, qu’elle hait à la mort.

Lisidor à la fin a quitté Doralise :

FJIe est bien, mais, ma foi! d’une horrible bêtise;

Déjà depuis long-temps cela devoit finir.

Et le pauvre garçon n’y pou voit plus tenir.

C LE O N^ bas, à Valère.

Très bien : continuez.

ACTB ni, SCÈNE IX.

VA LÈRE

J’oubliois de vous dire

Qu’on a fait des couplets sur Lucile et Delphine : Lucile en est outrée, et ne se montre plus;

Mais Delphine a mieux pris son parti là-déssus;

On la trouve partout s’affichant de plus belle,

Et se moquant du ton, pourvu qu’on parle d’elle.

. Lise a quitté le rouge, et l’on se dit tout bas Qu’elle feroit bien mieux de quitter Licidas;

On prétend qu’il n’est pas compris dans la réforme, Bt qu’elle est seulement bégueule pour la forme.

GÉ RONTE.

Quels diables de propos me tenez-vous donc là?

V ALÈRE.

Quoil vous ne saviez pas un mot de tout cela?

On n’en dit rien ici ? l’ignorance profonde î Mais c’est, en vérité, n’ôtre pas de ce monde; ^ Vous n’avez donc , monsieur, aucune liaison 7 Eh maisl où vivez-vous?

GÉ RONTE .

Parbleu! dans ma maison.

M’embarrassant fort peu des intrigues frivoles D’un tas de freluquets, d’une troupe de folles;

Aux gens que je connois paisiblement borné.

* Ehl que m’importe à moi si madame Phryné Ou madame Lucile affichent leurs folies? '

Je ne m’occupe point de telles minuties.

Et laisse aux gens oisifs tous ces menus propos,

Ces puérilités, la pâture des sots.

LE MÉCHANT

CLEON

(A Oéront®.) (Bas, h Valère.)

Vous avez bien raison... Courage.

GÉRONTE

Cher Valère,

Nous avons, je le vois, la tète un peu légère.

Et je sens que Paris ne t’a pas mal gâté :

Mais nous te guérirons de ta frivolité.

Ma nièce est raisonnable , et ton amour pour elle Va rendre h ton esprit sa forme naturelle.

VALÈRE

C^èst moi, sans me flatter, qui vous corrigerai De n’ôtre au fait de rien, et je vous conterai...

Je t’en dispense.

VALÈRE

On peut vous rendre un homme aimable ,

• Mettre votre maison sur un ton convenable,

Vous donner l’air du monde au lieu des vieilles mœurs. On ne vit qu’à Paris, et l’on végète ailleurs.

CLEON

& Valère.) (Bas, à Géronte.)

Fei met... 11 est singulier.

GÉRONTE

Mais c’est de la folie.

Il faut qu’il ait...

VALÈRE

La nièce est-elle encor jolie?

' GÉRONTE

Comment, encor ! je crois qu’il a perdu l’esprit;

Elle est dans son printemps, chaque jour l’embelIU

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