‹ Œuvres choisies de Gresset (volume 3)Chapitre 20 sur 137 · SUR MA CONVALESCENCE · texte numérisé non relu

SUR MA CONVALESCENCE

X oi, que la voix de ma douleur A fait voler vers moi du sein de ta patrie , Et qui , portant encor dans ton ame attendrie

Du spectacle de mon malheur

La douloureuse rêverie , Après mon péril même, en conserves l'horreur,

Renais , rappelle la douceur

De ton alégresse chérie ,

Ma Minerve , ma tendre sœur.

Mais quoi ? suis-je encor fait pour nommer l'alégresse,

Et pour en chanter les appas , Moi qui, depuis deux mois de mortelle tristesse, Ai vu sur ma demeure étinceler sans cesse

La faux sanglante du trépas ?

Par les songes du sombre empire , Enfans tumultueux du bizarre délire ,

Mon esprit si long-temps noirci Pourra-t-il retrouver, sous ses épais nuages,

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