SUR MA CONVALESCENCE
X oi, que la voix de ma douleur A fait voler vers moi du sein de ta patrie , Et qui , portant encor dans ton ame attendrie
Du spectacle de mon malheur
La douloureuse rêverie , Après mon péril même, en conserves l'horreur,
Renais , rappelle la douceur
De ton alégresse chérie ,
Ma Minerve , ma tendre sœur.
Mais quoi ? suis-je encor fait pour nommer l'alégresse,
Et pour en chanter les appas , Moi qui, depuis deux mois de mortelle tristesse, Ai vu sur ma demeure étinceler sans cesse
La faux sanglante du trépas ?
Par les songes du sombre empire , Enfans tumultueux du bizarre délire ,
Mon esprit si long-temps noirci Pourra-t-il retrouver, sous ses épais nuages,