LE SIÈCLE
Ils n'avaient point d'aréopages
Ni de Capitoles fameux ;
Mais n'étaient-ils point les vrais sages,
Puisqu'ils étaient les vrais heureux ?
Ils ignoraient les arts pénibles, Et les travaux nés du besoin ; Des arts enjoués et paisibles La culture fit tout leur soin.
La tendre et touchante harmonie A leurs jeux doit ses premiers airs ; A leur noble et libre génie Apollon doit ses premiers vers.
On ignorait dans leurs retraites Les noirs chagrins , les vains désirs , Les espérances inquiètes, Les longs remords des courts plaisirs.
L'Intérêt au sein de la terre N'avait point ravi les métaux , Ni soufflé le feu de la guerre , Ni fait des chemins sur les eaux.
Les pasteurs, dans leur héritage Coulant leurs jours jusqu'au tombeau , Ne connaissaient que le rivage