A M. L'ABBE MARQUET
J-Ja prophétie est accomplie,
Cher abbé, je reviens à toi;
La métamorphose est finie,
Et mes jours enfin sont à moi.
Victime, tu le sais, d'un âge où l'on s'ignore,
Porté du berceau sur l'autel ,
Je m'entendais à peine encore, Quand j'y vins bégayer l'engagement cruel.... Nos goûts font nos destins : J'astre de ma naissance
Fut la paisible liberté; Pouvais-je en fuir l'attrait? Né pour l'indépendance, Devais-je plus long-temps souffrir la violence
D'une lente captivité?
C'en est fait; à mon sort ma raison me ramène. Mais, ami, t'avoûrai-je un tendre sentiment Que ton cœur généreux reconnaîtra sans peine? Oui, même en la brisant, j'ai regretté ma chaîne; Et je ne me suis vu libre qu'en soupirant : Je dois tous mes regrets aux sages que je quitte.