‹ Œuvres choisies de J. DoratChapitre 9 sur 75 · X DORAT · texte numérisé non relu

X DORAT

que le dessinateur {^Charles Eisen) emporte au moins les trois quarts de la gloire, revenant net de cette magnifique brochure. Ajoutez que le poète voudrait nous vendre ses baisers un louis, si nous étions tentés d'acheter si cher un repentir... On peut dire qu'il n'y a point de fille d'Opéra qui vende ses baisers aussi cher que M. Dorât : aussi ces demoiselles trouvent -elles le débit de leur marchandise, et M. Dorât pourrait bien garder la sienne. Ses Baisers sont une imitation libre de ceux de Jean Second, poète latin du XVI^ siècle, plein de grâces et de volupté, né à La Haye, et enlevé par la mort à la fleur de son âge ^... Le poème du Mois de Mai [publié dans le même volume) est proprement une lutte contre les Saisons de M. de Saint-Lambert. M. Dorât a voulu essayer ce genre pour prouver qu'il ne lui était pas impossible de mériter une place à côté du chantre des Saisons. M. Diderot n'a pas trouvé à ce chantre

I . En effet, Dorât ne traduisit pas les dix-neuf « Baisers » en vers latins de Jean Second; il s'inspira seulement de l'œuvre de prédilection du ravissant poète, — qui fut, en outre, jurisconsulte, orateur, peintre et sculpteur (né à La Haye, le 14 novembre i5ii, et mort à Tournay, le 8 octobre I 5 36). L'un des vingt « Baisers » de Dorât (le treizième) est imité de Catulle.

M. Victor Develay a traduit en prose les principaux ouvrages de Jean Second, avec beaucoup d'exactitude et de charme (4 vol. in-3 2, publiés par la Librairie des Bibliophiles).

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