DORAT
Ces quelques quatrains résument la destinée de Dorât. Il fut trop loué pendant sa vie, en dépit de ses ennemis assez nombreux , et trop dédaigné aussitôt après sa mort!
Le poète des Baisers , fils d'un conseiller du roi, auditeur des Comptes, et de Jeanne Fournel de la Koche, fille d'un avocat au Parlement, naquit à Paris, quai Malaquais, le 3i décembre 1784 ^ Fort jeune , quand il perdit son père et sa mère. Dorât passa un an dans la première compagnie des mousquetaires du Koi (1757-1758); // est probable qu'il serait resté fidèle à l'état militaire, si une vieille tante, extrêmement pieuse, ne l'avait supplié de renoncer à cette brillante carrière, dans sa pensée la plus dangereuse de toutes, parce quelle exposait à de fréquentes tentations. Il céda, non sans regret, à de si vives instances, qui, au fond, ressemblaient beaucoup, d'ailleurs, à des injonctions, et, pour se consoler, il composa une tragédie détestable intitulée : Zulica, sifflée à outrance le 7 janvier 1760, quoique le vieux Crébillon l'eiùt déclarée excellente.
I . Il laissait croire volontiers qu'il descendait du célèbre Jean Dorât, l'un des poètes de la Pléiade (mort, fort âgé, le i^"" novembre i588), mais rien n'est moins prouvé.