‹ Œuvres choisies de J.RacineChapitre 152 sur 260 · A3IAN · texte numérisé non relu

A3IAN

L'univers ! Tous les jours un homme..., un vil esclave, D'un front audacieux me dédaigne et me brave.

HYDASPE

Quel est cet ennemi de l'État et du roi ?

AMAN

Le nom de Mardochée est-il connu de toi ?

HYDASPE

Qui? ce chef d'une race abominable, impie?

AMAN

Oui, lui-même.

HYDASPE

Hé , seigneur ! d'une si belle vie Un si faible ennemi peut- il Iroubler la paix?

AMAN

L'insolent devant moi ne se courba jamais '. En vain de la faveur du plus grand des monarques Tout révère à genoux les glorieuses marques; Lorsque d'un saint respect tous les Persans toucbés N'osent lever leurs fronts à la terre attachés ^,

1 Voyez Esth., ch. m, v. 2. — Ce n'était point par insolence ni par orgueil que Mardochée refusait cet hommage au favori d'Assuérus ; c'était par principe de religion -. et ce noble motif, qui relève encore le caractère de ce vertueux Israélite, est clairement énoncé dans l'éloquente prière que l'histoire sacrée met dans sa bouche. {Esih , ch. xiii, v. 12, 13, 14.)

' Voltaire affaiblit ce tour, en ôtant l'inversion , lorsqu'il fait dire à son Mahomet , act. II , se. V :

Et ie verrais leurs fronts .ittachés à la terre.

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