‹ Œuvres choisies de J.RacineChapitre 23 sur 260 · SCÈNE III NÉRON, JUNIE · texte numérisé non relu

SCÈNE III NÉRON, JUNIE

NÉRON

Vous VOUS troublez. Madame, et changez de visage : Lisez- vous dans mes yeux quelque triste présage ?

JUNIE

Seigneur, je ne vous puis déguiser mon erreur ; J'allais voir Octavie, et non pas l'empereur i.

NÉRON

Je le sais bien, Madame, et n'ai pu sans envie Apprendre vos bontés pour l'heureuse Octavie.

JUNIE

Vous, seigneur?

Pensez-vous, Madame, qu'en ces lieux Seule pour vous connaître Octavie ait des yeux ?

JUNIE

Et quel autre, seigneur, voulez-vous que j'implore '^? A qui demanderai-je un crime que j'ignore? Vous qui le punissez , vous ne l'ignorez pas : De grâce, apprenez-moi, seigneur, mes attentats ^

NÉRON

Quoi ! Madame, est-ce donc une légère offense De m'avoir si longtemps caché votre présence ? Ces trésors dont le Ciel voulut vous embellir, Les avez-vous reçus pour les ensevelir?

L'heureux Britannicus verra-t-il sans alarmes

1 11 n'était pas naturel que Junie vint d'elle-même trouver Néron, et il l'était , au contraire, qu'elle se rendit auprès d'Octavie. La manière dont elle rencontre Néron est fort bien imaginée. (La Harpe.)

2 Comme il n'a été parlé que d'Octavie, il semble qu'il faudrait et quelle autre; on sous-entend quel autre appui : ainsi quel est plus élégant que quelle. (L. Racine.)

3 Ce mot renferme une ironie qui n'y serait plus si Junie disait mes crimes. (L. Racine.)

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