SCÈNE VI SALOMITH, LE CHOEUn
LE CUŒUR cliaiile.
Partez, enfants d'Aaron, partez :
Jamais plus illustre querelle Ce vos aïeux n'arma le zèle.
Parlez, enfants. d'Aaron, partez :
C'est votre roi, c'est Dieu pour qui vous couibaltiz.
UNE VOIX, seule.
Où sont les traits que tu lances .
Cirand Dieu, dans ton juste courroux?
N'es-tu plus le Dieu jaloux?
N'es-tu pins le Dieu des vengeances ' ?
UNE ATTRE.
Où sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontés?
Dans l'horreur qui nous environne , N'entends-tu que la voix de nos iniquités?
N'es- tu plus le Dieu qui pardonne?
LE CHŒUR
Où sont, Dieu de Jacob, tes antiques boutés?
UXE VOIX, seule.
C'est à toi que dans cette guerre Les flèches des méchants prétendent s'adresser. Faisons, disent-ils, cesser
Les fêtes de Dieu sur la terre *; De son joug importun délivrons les mortels!
1 E£;o sum Dominus tuus, fortis, zelotes. (Etude, rh. xxv, v. 3.) — Doniinus zclotes nomen ejus, Dcus est aemulator. [Ibid., ch. xxxiv, v. IV l — Deus ultioiium Dominus. ( Ps. xciir , v. I .)
- Ouiesrere fariamus nmnes dies festos De' a terrn. (/'.s. lxxii. v. 8.)
Massacrons tous ses saints; renversons ses autels;
Que de son nom , que de sa gloire
Tl ne reste plus de mémoire ' ; Que ni lui, ni son Christ ne régnent plus sur nous.
LE CHOEUR
Où sont les traits que tu lances, Grand Dieu , dans ton juste courroux?
N'es-tu plus le Dieu jaloux?
N'es-tu plus le Dieu des vengeances?
UNE VOIX, seule.
Triste reste de nos rois.
Chère et dernière fleur d'une tige si belle, Hélas ! sous le couteau d'une mère cruelle Te verrons-nous tomber une seconde fois ! Prince aimable, dis-nous si quelque ange, au beiceau Contre tes assassins prit soin de te défendre ,
Ou si dans la nuit du tombeau La voix du Dieu vivant a ranimé ta cendre?
UNE AUTRE
D'un père et d'un aïeul contre toi révoltés, Grand Dieu, les attentats lui sont-ils imputés? Est-ce que sans retour ta pitié l'abandonne?
LE CHOEUR
Où sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontés? N'es-tu plus le Dieu qui pardonne?
UNE DES FILLES DU CHŒUR, sans chanter.
Chères sœurs, n'entendez-vous pas Des cruels Tyriens la trompette qui sonne?
SALOMITH.
J'entends même les cris des barbares soldats. Et d'horreur j'en frissonne.
1 Disperdamus eos de gente, et non memoretur nomen Israël ullra. [l'i LXXXIl, V. i- )