‹ Œuvres choisies de Jean LahorChapitre 16 sur 85 · JEAN LAHOR. XXVII · texte numérisé non relu

JEAN LAHOR. XXVII

et le Mont-Saint-Michel, comme de ces merveilles encore : Saint-Marc de Venise, l'église peut-être de mon âme tant elle est orientale, et un peu païenne, et chrétienne cependant, panthéiste en un mot, et de San- Miniato de Florence, et des Dômes de Sienne et de Pise, de Monreale.

« Je ne pouvais oublier que l'art des Giotto, des Fra Angelico, de tous les primitifs italiens, flamands, français ou allemands, si pathétiques, si tendres, si émouvants en leur expression de la belle légende évangélique, et l'art des quattrocentistes, et celui même de Raphaël, de Michel-Ange, ont été inspirés par elle, comme la tendresse, l'amour infinis de Saint François d'Assise, l'héroïsme simple de Jeanne d'Arc, les ravissements, les extases de Sainte Thérèse, les pitiés de Saint Vincent de Paul.

« Et c'est en souvenir de tout cela que, n'appartenant à aucune confession religieuse, j'ai gardé le respect, l'admiration que j'ai dits pour cette vieille Église, dont les mérites à mes yeux dépassent de beaucoup ses torts et ses fautes, les crimes parfois même de certains des siens. Ma critique, comme celle de Lamartine, « c'estl'art d'admirer»; et je ne vois, ne me rappelle jamais que les clartés, quand les clartés sont rayonnantes ; et les taches, les ombres m'échappent plus ou moins, se perdant, s'évanouissant en elles. »

Il fit ses études, et de bonnes études, au collège Henri IV. Toutefois, malgré des succès réels, la culture latino-grecque fit peu d'impression sur lui. Il ne prit pas le goût, mais plutôt la « nausée », nous dit-il, de

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