‹ Œuvres choisies de Jean LahorChapitre 20 sur 85 · XXXII JEAN LAHOR · texte numérisé non relu

XXXII JEAN LAHOR

nelle m'unit à l'être de génie qui fut Henri Regnault ; puis j'entrai dans le groupe d'artistes et d'amis qui l'entouraient, et dont quelques-uns sont devenus justement illustres. Tous, ils avaient la flamme, de grands rêves, et de beaux espoirs; tous, du talent; deux ou trois, comme Regnault, du génie. C'était Saint- Saëns; c'était Butin, qui eût été, s'il ne fût mort trop jeune, le Millet des marins et de la mer; c'étaient les peintres Blanchard, Clairin ; c'était une admirable musicienne, Augusta Holmes, dans toute la splendeur alors de sa beauté de Walkyrie, et qui nous révélait Wagner, encore presque inconnu ou dédaigné des Parisiens. L'histoire de ce petit groupe a été parfaitement et très véridiquement contée par M. André Beaunier dans un livre Les Souvenirs d'un peintre, qui sont les souvenirs de Clairin. »

Cependant il poursuivait brillamment ses études médicales, soit à Paris, soit à Versailles comme interne des hôpitaux. Et, peu à peu, il glissait au pessimisme.

« Des hauteurs du rite panthéiste, dont je m'étais quelque temps si puissamment enivré, je descendais, par une pente que je crois fatale, vers la conception pessimiste et nihiliste de l'univers.

«L'étude de la pathologie, les idées de Darwin ; le spectacle de la maladie, de la vieillesse et de la mort, de la maladie avec le raffinement parfois de ses tortures, de la vieillesse, avec ses infirmités humiliantes ou cruelles, de la mort, qui après les agonies lentes, d'atroces et de longs supplices, nous tue, ou, ce qui est pis, tue ainsi et nous arrache les êtres les plus tendre-

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