‹ Œuvres choisies de Jean LahorChapitre 24 sur 85 · XL JEAN LAHOR · texte numérisé non relu

XL JEAN LAHOR

niquée à Henri Regnault : tous deux projetaient un voyage dans l'Inde. Ils allaient l'accomplir, quand éclata la guerre. La fatalité qui frappa Regnault à la tête atteignit Lahor au cœur. Et les horreurs de la Commune achevèrent de le désespérer. Caliban lui inspira dès lors une aversion insurmontable. Atteint dans son patriotisme, il douta un instant de la France, et il perdit sur l'Allemagne sa dernière illusion. Ce fut là sans doute l'heure la plus cruelle de sa vie.

« Faut-il l'avouer? C'était avec douleur aussi que j'avais perdu ma foi du premier âge dans l'Allemagne et l'amour même que je lui portais un peu. Je l'avais souvent visitée. J'avais été dans ma jeunesse charmé par le sérieux, l'apparente douceur de ses mœurs; j'avais le culte de certains de ses poètes, de ses penseurs, de ses musiciens surtout. Et leur idéalisme transcendant, et toute cette éducation idéaliste qu'elle avait reçue d'eux aboutissait donc à un matérialisme : bject, et à cette déclaration acclamée d'elle tout entière, qu'il n'y avait plus de droit que la force, et que cette justice que l'on reconnaît cependant devoir exister encore d'homme à homme n'existait plus, ne devait plus exister, de peuple à peuple !

« Et tout ce qui suivit de l'histoire delà Franco et de l'histoire de l'Europe, l'imbécillité presque généi la diplomatie, l'impossibilité d'une entente entre les différents États pour fonder r.

autres et de l'Orient menaçants : et tant de crimes acceptés d'elle, son immobilité, sa patience, ses lâchetés, sa sorte de complicité devant 300000 Arméniens, hommes, femmes, enfants, vieillards, torturés, éventrés,

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