‹ Œuvres choisies de Jean LahorChapitre 28 sur 85 · JEAN LAHOR. XLV · texte numérisé non relu

JEAN LAHOR. XLV

« Après tout, n'est-ce pas ainsi qu'a vécu, depuis ses origines, poussée par la nécessité de vivre, la pauvre humanité, et aussi avec héroïsme souvent? et n'est-ce pas ainsi qu'elle a conquis sa vie présente, meilleure par certains côtés que celle d'autrefois, bien que le progrès moral, celui qui importerait le plus, soit très loin d'égaler les autres?

« Et je commençai à déterminer ma tâche, que sans doute je ne pouvais remplir à moi seul, qui était excessive, mais qui ne m'effrayait pas; qui tout au contraire m'attirait, me donnant cette joie que donne, quand on l'entreprend, toute œuvre d'art un peu haute. Ce que je voulais, le voici :

«Diminuer la masse des déchets humains, — elle est si grande, cette foule des traînards qui retarde, arrête notre marche en avant! — m'attaquer aux causes ou à une partie des causes qui les produisent, maladies, poisons, infectant l'homme et son germe, infectant ainsi sa race; et ne pas oublier que les tares physiques héréditaires peuvent aboutir à des tares intellectuelles et morales, à des lésions, à des troubles de l'intelligence ou de la volonté, ce qu'on ignore trop.

« Veiller donc sur le germe dès la conception, avant même, puis très attentivement sur l'enfant et l'homme jeune1, en qui se prépare, se forme l'homme adulte; prévenir ou combattre sans cesse les dangers qui pour nous, physiquement, moralement, viennent du développement même, des excès d'une civilisation intensive.

« Pour modifier un être, il faut modifier son milieu ;

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