‹ Œuvres choisies de Jean LahorChapitre 30 sur 85 · JEAN LAHOR. XLVII · texte numérisé non relu

JEAN LAHOR. XLVII

s'unissaient en des ligues, des congrès; et ce grand mouvement et ces grands efforts, plus puissants et plus efficaces chaque jour, sans irTinspirer ces béates félicités, ces confiances en d'éclatants et prochains triomphes, qui distinguent les optimistes, sans changer mon opinion sur l'ensemble de l'humanité, que je tiens en si faible estime, m'inspiraient du moins quelques joies en me donnant quelque fierté de son élite, et en me faisant un peu et même beaucoup espérer d'elle.

«Des illusions, en effet, j'en ai donc peu sur l'homme et sur la vie : mais j'aime à rappeler quelques paroles sublimes qui ont été les règles de mon action.

« Celle de Marc-Aurèle : « Si tout marche au hasard, toi du moins, n'agis point au hasard » : celle du Taciturne, que je répète sans cesse, tant elle est importante et belle : « point n'est besoin d'espérer pour agir, ni de réussir pour persévérer » ; celle de la Baghavad- Glta, plus belle peut-être encore : « Pense à l'âme suprême — et je dis : Pense àl'Idéal ; — rapporte à Elle — ou à Lui — toutes tes œuvres; et sans espoir, comme sans souci de toi-même, combats et n'aie pas de tristesse. »

« Je combats et j'ai moins de tristesse. Et cependant, à l'heure dernière, jetant un regard vers mon passé vers le rêve qui fut mon passé, puis vers l'avenir, peut-être comme Hamlet, quand il meurt, murmurerai-je son mot terrible — ou consolant — : et le reste, le reste est silence! ...»

(Chants d'amour et de mort — Poèmes panthéistes.

La gloire du Néant. — Heures sombres.

Vers stoïciens.)

r. i.emerre, éditeur. V" édition, un vol. petit in-i: de la Collection elzévirienne.

Poèmes iî amour et de mor

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