DAL1LA
Par l'appel de vos yeux et de vos voix charmées, Que d'âmes de héros tombés à vos genoux, Femmes, auront péri pour vous avoir aimées ; Que de peuples sont morts, dégénérés par vous !...
C'est pourquoi je te hais autant que je t'adore, Beau démon au corps blanc comme la chair des lys, Et pourquoi dans tes bras je me souviens encore Des malédictions qui te frappaient jadis !
Quelle est donc par moments ta fatale puissance, •Oui rend vil à jamais et dompte le plus fort, Et comment, femme, à qui nous devons la naissance, Toi qui donnes la vie, es-tu pleine de mort ?...
Que tu demeures bien la fille de ta mère, De la Nature, impure et chaste tour à tour, Qui sourit et nous baise, et qui, soudain amère, Nous blesse et tue après des caresses d'amour ;
Qui sait trop, elle aussi, prendre, enlacer notre âme Bête attirante et fausse, en de mortels baisers !... — Homme, ô Samson, vaincu par elle et par la femme. Quand tous tes vieux liens seront-ils donc brisés ?