CREATIONS HUMAINES
Ephémères, chétifs, que sommes-nous pour toi, Infini monstrueux, éternelle Substance ?
Sans borne est ta grandeur ; que compte l'existence Des insectes rampant près du trône d'un Roi ?
Mais devant l'injustice où se complaît ta loi, Mon àme t'a jugé, puis t'a fait résistance ; Moi, néant, j'ai touché le fond de ton essence, Et compris que le mal n'habitait pas qu'en moi.
Tu peux donc mépriser notre poussière humaine ; J'aurai du moins l'orgueil que mon âme est sans haine, Et que notre misère a su créer un jour
Ce qui ne se voit point en te?, mornes abîmes : La vertu, la pitié, les tendresses sublimes, Et l'absolu du beau, du juste et de l'amour !