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leur a lues, on sur les importantes vérités qu'on leur a enseignées. On leur fait réciter par cœor et déclamer les plus beaux endroits des meilleurs poètes ; et cela leur sert surtoat à les défaire de quantité de manvaises prononciations qu'elles pourraient avoir apportées de leurs provinces. On a soin aussi de faire apprendre à chanter à celles qui ont de la voix, et on ne leur laisse pas perdre un talent qui les peut amuser innocemment, et qu'elles peuvent employer un jour à chanter les louanges de Dieu.
Mais la plupart des plus exceUens vers de notre langue ayant été composés sur des matières fort profanes, et nos plus beaux airs étant sur des paroles extrêmement molles et efféminées, capables de faire des impressions dangereuses sur de jeunes esprits, les personnes illustres qui ont bien voulu prendre la principale direction de eette maison ont souhaité qtfi]LytAt quelque ouvrage qui, sans avoir tous ces défagl^r^ût produire une partie de ces bons effets. Elles me firent l'hcmneor de me coihtntii&îqûërlëUf' dessein, et même de me demander si je ne pourrais pas faire, sur quel-
que sujet de piété et de morale,, une espèce de p oèm e,
où le chant fût mêlé avec lejréfiit; le tout Hé par ime acti<m qui rendit la chose ^los vive et xosjiasxVff^
\ ^'ennuyer.
je leur proposai le sujet d'Esther, qui les fn^pa d V
bord, cette histoire icnr paraissant pleine de grandes leçons d'amour de Diea, et de détachement dn mondé, an milieu du monde même. Et je crus, de mon côté, que je trouverais assez de facilité à traiter ce sajct; d'autant plus qu'il me sembla que, sans altérer aucune des circonstances tant soit peu considérables de TËcriture-Sainte, ce qui serait, à mon avis, une espèce de sacrilège, je pourrais remplir toute mon action arec les seules scènes que Dieu lui-même, pour ainsi dire, a préparées.
J'entrepris donc la chose, et je m'aperçus qu'en tra- * vaillant sur le plan qu'on m'avait donné, j'exécutais en quelque sorte un dessein qui m'avait souvent passé dans l'esprit, qui était de jier ^^ comme dans les anciennes tragédies grecques, le chœur et le jchftpt avec j l'action, et d'employer à chanter les louanges du vrai |^ Dicuceûe jj^jift du cEcBur que les
à chanter les louanges de leurs fausses divinités.
A dire vrai, je ne pensais guère que la chose dût être aussi publique qu'elle l'a été. Mais les grandes vérités de TEcriture, et la manière sublime dont elles y sont énoncées, pour peu qu'on les présente, même imparfaitement, aux yeux des hommes, sont si propres à les frapper, et d'ailleurs ces jeunes demoiselles ont déclamé et chanté cet ouvrage avec tant de grâce, tant de modestie et tant de piété, qu'il n'a pas été possible
qu'il demearât renfermé dans \t secret de leur maiscm : de sorte qu'nn divertissement d'enfans est devenu le sujet de l'empressement de toute la coaf> le Toi luimême, qui en avait été touché, n'ayant pu refuser à tout ce. qu'il y a de plus grands seigneurs de les y mener, et ayant eu la satisfaction de voir, par le plaisir qu'ils y ont pris, qu'on se peut aussi bien divertir aux dioses de piété qu'à tous les spectacles profanes.
Au reste, quoique j'ai^ évité soigneusement de mé- Içr le profane avec le sacré, j'ai cru néanmôins-qm^je pouvais emprunter deux ou trois traits d'Hérodote, pour mieux peindre Assuérus. Car j'ai stuivi le senti* ment de plusieurs savans interprètes de l'Ecriture, qui tiennent que ce roi est le même que le fameu^j; Darius, fils d'Hystaspe, dont parle cet historien. En efiet, ils en rapportent quantité de preuves, dont quelques-unes me paraissent des démonstrations. Mais je n'ai pas jugé à propos de croire ce même Hérodote sur sa p»> rôle, lorsqu'il dit que les Perses n'élevaient ni temples, ni autels, ni statues à leurs dieux, et qu'ils ne se servaient point de libations dans leurs sacrifices. Son té» moignage est expressénient détruit par l'Ecritute, aussi bien que par Xénophon, beaucoup mieux instruit qite lui des mœurs et des afiaires de la Perse, et enfin par Q,uinte*Curce.
On peut dire que rùnité de lieu est observée dans
cette jttice, en ce qae toute l'action se passe dans le palais d'Assnérus. Cependant, comme on voulait rendre ce divertissement plus agréable à des enfans, en jetant quelque variété dans les décorations, cela a été cause que je n'ai pas gardé cette unité avec la même rigueur que j'ai fait autrefois dans mes tragédies.
Je crois qu'il est bon d'avertir ici que, bien qu'il y ait dans £!sâk«r des personnages d'hommes, ces personnages n'ont pas laissé d'être représentés pas des filles, y avec toute la bienséance de leur sexe. La chose leur a été d'autant plus aisée, qu'anciennement les habits des Persans et des Juifs étaient de longues robes qui tombaient jusqu'à terre.
Je ne puis me résoudre à finir cette préface, sans rendre à celui qui a fait la musique la justice qui lui est due, et sans confesser franchement que ses chants ont fait un des plus grands agrémens de la pièce. Tous les connaisseurs demeurent d'accord que depuis longtemps on n'a point entendu d'airs plus touchansni plus convenables aux paroles. Gluelques personnes ont trouvé la musique du dernier chœur un peu longue, quoique très-belle. Mais qu'aurait-on dit de ce» jeunes Israélites qui avaient fait tant de vœux à Dieu, pour être délivrées de l'horrible péril où elles étaient, si ce péril étant passé, elles lui en avaient rendu de médiocres actions de grâces? Elles auraient directement
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péché contre la louable coamme de leoj natioii, où Von ne recevait de Dieu aucun bienfait signalé qu'on ne l'en remerciât sur-le-champ par de fort longs can- V, ^ques; témoins ceux de Marie, sœur de Moïse, de Débora et de Judith, et tant d'autres dont l'Ecriture est pleine. On 4it même que les Jui&, encore anjouri*hm, célèbrent par de grandes actions de gsàcea.JA^^^ jour où leurs ancêtres furent délivrés par Esther de la cruauté d'Aman.