‹ Œuvres choisies de Jean RacineChapitre 35 sur 159 · ORESTE, PYLADE · texte numérisé non relu

ORESTE, PYLADE

(m ESTE.

Oui, puisque je relrouye un ami si fidèle, Ma fortune va prendre une face nouvelle; Et déjà son courroux semble s'être adouci Depuis qu'elle a pris soin de nous rejoindre ici. Clui Teût dit, qu!un rivage à mes vœux si funeste Présenterait d'abord Pylade aux yeux d'Oreste % Clu'après plus de six mois que je t'avais perdu, A la cour de Pyrrhus ta me serais rendu 1

PTLADE. Hsf

J'en rends gnrâces au Ciel, qui, m'arrêtant sans ccs!»e^ ^^"C

Semblait m'avoir fermé le chemin de la Grèce, Depuis le jour fatal que la fureur des eaux, Presqu'aux yeux de TEpire, écarta nos vaisseaux. Combien dans cet exil ai-je soufiert d'alarmes !

93 ANDROMAaUE,

Combien ù vos malheurs ai-je donné de larmes !

Craignant toujours pour vous quelque nouveau danger,

due ma triste amitié ne pouvait partager.

Surtout je redoutais cette mélancolie

Où j'ai vu si long-temps votre âme ensevelie.

Je craignais que le Ciel, par un cruel secours,

Ne vous olfrit la mort que vous cherchiez toujours.

Mais je vous vois, Seigneur ; et, si j'ose le dire^

Un destin plus heureux vous conduit en Epire.

Le pompeux appareil qui suit ici vos pas

N'est point d'un malheureux qui cherche le trépas.

Hélas! qui peut savoir le destin qui m'amène 1 L'amour me fait ici chercher une inhumaine. Mais qui sait ce qu'il doit ordonner de mon sort; Et si je viens chercher ou la vie ou la mort ?

PVLADB.

duoi! votre âme à l'amour en esclave asservie, Se repose sur lui du soin de votre vie !

Par quel charme, oubliant tant de tourmens souffeits Pouvez-vous consentir à rentrer dans ses fers 1 Pensez-vous qu'Hermione, à Sparte inexorable, Vous piépare en Epire un sort plus favorable 1 Honteux d'avoir poussé tant de vœux superflus, Vous l'abhorriez, finln, vous ne m'en parliez plus. Vous me trompiez. Seigneur.

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