‹ Œuvres choisies de Jean RacineChapitre 69 sur 159 · S3 PYLADE · texte numérisé non relu

S3 PYLADE

CZXi II faut partir, Seigneur. Sortons de ce palais,

£2îlS Ou bien résolvons-nous de n'en sortir jamais.

«..-♦ Nos Grecs, pour un moment, en défendent la porte.

2jj;;y5 Tout le peuple assemblé nous poursuit à main forte.

mx:^ Aux ordres d*Andromaque ici tout est soumis,

^s:3 . Ils la traitent en reine, et nous comme ennemis.

mCj Andromaque elle-même, à Pyrrhus si rebelle,

^"Zi Lui rend tous lel devoirs d'une veuve fidèle,

*2!1§! Commande qu'on le venge ; et pcut-ôtre qu'encor

^^ g^. Elle poursuit sur nous la vengeance d'Hector.

ci:n Allons. N'attendons pas que l'on nous environne,

^^ Nos Grecs nous rejoindront. Et, tandis qu'Hermione

f'-— ' Tient encore le peuple autour d'elle arrêté,

C>^ Voilà notre chemin, marchons de ce côté.

Non, non, c'est Hermione, ami, que je veux suivre : A son dernier arrêt je ne puis plus survivre ; Partez, j'ai fait le crime, et je vais liexpier

PTLADB. li

Hermione, Seigneur, il la faut oublier. i

Cluoi ! toujours l'instrument et l'objet de sa rage, Cherchez- vous chez les morts quelque nouvel outrage 1 Et, parce qu'elle meurt, faut-il que vous mouriez 1

Elle meurt ! Dieux ! Ctu'entends-je 1

THAO£l>IE. l(â

PTIiADB.

Eh quoi ! vous l'ignoriez 1 Gn rentrant dans ces lieux, nous 1 avons rencontrée Ctui courait vers le temple, inquiôte, égarée. Elle a trouvé Pyrrhus, porté par des soldats, due son sang excitait à venger son trépas, Sans doute, à cet objet sa rage s'est émue ; Mais du haut de la poite enfin nous l'avons vue, Un poignard à la main, sur Pyrrhus se courber, Lever les yeux au ciel, se frapper, et tomber.

Grâce aux dieux ! mon malheur passe mon espérance Oui, je le loue, ô Ciel, de ta persévérance.

Appliqué sans relâche au soin de me punir.

Au comble des douleurs tu m'as fait parvenir. Ta haine a pris plaisir à former ma misère J'étais né pour servir d'exemple à ta colère, Pour être du malheur un modèle accompli :

Eh bien ! je meurs content, et mon sort est rempli. Où sont ces deux amans ? Pour couronner ma joie, Dans leur sang, aans le mien, ii laut que je me noie ! L'un et l'autre, en mourant, je les veux regarder. Réunissons trois cœurs qui n'ont pu s'accorder. Mais quelle épaisse nuit tout à coup m'environne ! De quel côté sortir'! D'oil vient que je frissonne? Cluelle horreur me saisit ? Grâce au Ciel, j'entrevois... Dieux ! quels ruisseaux de sang coulent autour de moi !

P7LADB.

Ah ! Seigneur...

duoi ! Pyrrhus, je te rencontre encore I

ifrl ANDB0MAQI7£, TRAGÉDIE.

Trouverai-je partout un rival que j'abhorre 1 Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé 1 Tiens, tiens, voilà le coup que je t'ai réservé. c.^.^' Mais que vois-je 1 A mes yeux Hermione Tembrasse 1

tr;:!^ Elle vient l'arracher au coup qui le menace l

Clljlg Dieux ! quels affreux regards elle jette sur moi.

duels 4émcns, quels serpens traine-t-elle après soi 1 Eh bien i filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes 1 Pour qui sont ces serpens qui sifflent sur vos tètes 1 A qui destinez-vous l'appareil qui vous suitl :?3 Venez-vous m*enlever dans rétemelle nuit ?

C, JS Venez, à vos fureurs Oreste s'abandonne.

^1^ Mais noQ, retirez-vous, laissez faire Hermione ;

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