ACTE TROISIÈME
POIRIER
Tu en mourras?... je te le défends! Qu'est-ce que je deviendrais, moi! Ah! le brigand!... Où vas-tu?
ANTOINETTE
Chez moi.
POIRIER
Veux-tu que je t'accompagne?
ANTOINETTE
Merci, mon père.
VERDELET, (/ Poirier.
Laissons-la pleurer seule ... les larmes la soulageront.
Cependant, Gaston, qui vient d'apprendre que Madame de Montjay lai a écrit, et craignant que la lettre ne tombe entre les mains de sa femme, rentre chez lui. En apprenant que Poirier a ouvert cette lettre et qu'il en fera usage pour obtenir une séparation de corps, Gaston veut à tout prix épargner Madame de Montjay qui sera déshéritée par son vieux mari, si le scandale éclate. Il se jette sur son beau-père; mais se maîtrisant bientôt, il jure de ne plus retourner chez sa maîtresse et de prendre un emploi, pourvu que Poirier se laisse fléchir. Celui-ci, toujours dominé par son ambition, ne tarde pas à consentir à un accommodement, toutefois à condition qu'Antoinette veuille pardonner aussi, ce à quoi il s'emploiera lui-même.
poirier, au marquis.
Je souscris pour ma part, monsieur, au traité que vous m'offrez ... Il ne reste plus qu'à le soumettre à ma fille.
VERDELET
Oh! ce n'est pas ta fille qui demandera du scandale. poirier.
Allons la trouver. {A Gaston.) Croyez bien, monsieur,
qu'en tout ceci je ne consulte que le bonheur de mon enfant.
Pour qne vous n'ayez pas le droit d'en douter, je vous
déclare d'avance que je n'attends plus rien de vous, que
je n'accepterai rien, et resterai Gros-Jean comme devant.
verdelet.
C'est bien, Poirier.
poirier, à Verdelet.
A moins pourtant qu'il ne rende ma fille si heureuse . . . si heureuee ! . . . Ils sortent.