‹ Œuvres choisies de Jules SandeauChapitre 53 sur 124 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

madame de Montjay ? Oui. monsieur. Vous consentiez pool elle à renier le passé de votre famille, et vous ne renonceriez pas pour moi à un duel ... à un duel qui m'offense? Comment •roirai-je à votre amour, s'il est moins fort que votre vanité ?

POIRIER

D'ailleurs, vous serez bien avancé quand vous aurez attrapé un mauvais coup ! Crovez-moi. prudence est mère de sure:-.

VERDELET, à n'.irt .

Vieux serpent !

GASTON

Voilà ce qu'on dirait, madame.

ANTOINETTE

Qui oserait douter de votre courage ? N'avez-vous ■ait vos preuves ?

POIRIEE.

Et que vous importe l'opinion d'un tas de godelureaux ? Vous aurez l'estime de mes amis, cela doit vous suffire.

GASTON

A'ous le voyez, madame, on rirait de moi . . . vous usineriez pas longtemps un homme ridicule.

LE DUC

Personne ne rira de toi. C'est moi qui porterai tes excuses sur le terrain, et je te promets qu'elles n'auront ■ien de plaisant.

GASTON

Comment ! tu es aussi d'avis ... ?

LE DUC

Oui, mon ami : ton duel n'est pas de ceux qu'il ne faut )as arranger, et le sacrifice dont se contente ta femme ne ouche qu'à ton amour-propre.

GASTON

Des excuses, sur le terrain ? . . .

POIRIER

J'en ferais, moi . . .

godelureaux = saletjor.i:

VERDELET

Décidément, Poirier tu veux forcer ton gendre à se battre?

POIRIER

Moi ? Je fais tout ce que je peux pour l'en empêcher.

LE DUC

Allons, Gaston, tu n'as pas le droit de refuser cette marque d'amour à ta femme.

Eh bien . . . non ! c'est impossible.

ANTOINETTE

Mon pardon est à ce prix.

GASTON

Eeprenez-le donc, madame, je ne porterai pas loin mon désespoir.

POIRIER

Ta ra ta ta. Ne l'écoute pas, fifille ; quand il aura l'épée à la main, il se défendra malgré lui.

ANTOINETTE

Si madame de Montjay vous défendait de vous battre, vous lui obéiriez. Adieu.

GASTON

Antoinette ... au nom du ciel ! . . .

LE DUC

Elle a mille fois raison.

GASTON

Des excuses! moi!

ANTOINETTE

Ah! vous n'avez que de l'orgueil!

LE DEC

Voyons, Gaston, fais-toi violence. Je te jure que, moi, a ta place, je n'hésiterais pas.

Eh bien ... A un Pontgrimaud ! — Va sans moi.

Il tombe dans un fauteuil.

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