‹ Œuvres choisies de Jules SandeauChapitre 77 sur 124 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

par la sambleu ! . . . (Jasmin a retiré les guêtres . . . Le Marquis frotte ses mollets.) Jasmin, que dis-tu de ça?

jasmin, agenouillé près du Marquis.

Assurément, monsieur le marquis a le plus beau mollet

du Poitou.

le marquis.

Et comme c'est ferme . . . Tâte, Jasmin, je te le permets . . . du marbre !

JASMIN

Mieux que cela . . . Du bronze coulé dans un bas de soie.

LE MARQUIS

Je crois que monsieur de Buonaparte eût été assez embarrassé d'en montrer autant . . . Vois-tu, Jasmin, sans l'émigration, le mollet se perdait en France : c'est nous autres qui l'avons sauvé.

JASMIN

Si monsieur le marquis voulait se remarier . . .

LE MARQUIS

Tu me nattes, coquin ! . . . mais je te pardonne. Allons, encore un verre de ce vieux vin qui me ragaillardit le cœur. (Jasmin passe à droite, prend le flacon sur le guéridon, et verse à boire au Marquis.) Mon Dieu ! la douce vie !.. . Comprends-tu, Jasmin, qu'il y ait des gens qui se plaignent de l'existence ? Il n'est pas jusqu'à ta figure bête que je ne prenne plaisir à regarder.

JASMIN

Eh ! eh !.. . monsieur le marquis est bien bon.

LE MARQUIS

Eh ! c'est madame la baronne.

par la sambleu = verduiveld ; mollets = kuiten ; c o u 1 é = gegoten; ragaillardit = opvroolijkt ; il n'est pas j u s q u'à = zelfs

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