‹ Œuvres choisies de Jules SandeauChapitre 78 sur 124 · MARQUIS, JASMIN · texte numérisé non relu

MARQUIS, JASMIN

LA BARONNE

Moi-même . . . Jasmin, laissez-nous.

LE MARQUIS

Oui . . . Va-t'en, faquin. (Jasmin sort par le fond emportant les guêtres du Marquis.) Figurez-vous, Baronne, un cerf gros comme un éléphant!

la baronne, qui a suivi Jasmin de Vœil. C'est bien de chasse qu'il s'agit ! . . . Nous sommes seuls . . . Marquis, tout est perdu.

LE MARQUIS

Hein ? . . . comment ! tout est perdu ?

LA BARONNE

Croyez-vous aux revenants ?

Eh ! Madame . . .

LA BARONNE

Si vous n'y croyez pas, vous avez tort ; le fils Stamply, Bernard, ce héros mort et enterré depuis cinq ans sous les glaces de la Russie . . .

LE MARQUIS

Eh bien?

LA BARONNE

Eh bien ! on l'a vu aujourd'hui, il n'y a qu'un instant, à Poitiers; on l'a vu en chair et en os, on l'a vu, ce qui s'appelle vu, et on lui a parlé, et c'est lui, c'est Bernard, Bernard Stamply, le fils de votre ancien fermier ... Il existe, il vit, le drôle n'est pas mort.

LE MARQUIS

Eh bien! qu'est-ce que ça me fait?

faquin = schobbejak

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