III LA
Valette. camp ennemi. ITn boulet de canon , parti de cet cndroit , qui tomba dans la tranchee, et sur une pierre , la mit en pieces ; un eclat alia frapper 1 amiral Piali qui visitoit les tra vaux , et le Hessa dangereusement. On le crut mort; et, pendant ((uc , dans tout le camp , et principalement sur la flotte , on u etoit occup^ que de cet accident , Ic Grand-Maitre , pour avancer le secours de Sicile,et pour empecher la pcrte du fort, depecha , la nuit , le chevalier de la Valette Comusson , son neveu , et le commandeur Salvago , Genois, pour conjurer le vice-roide Sicilede hater le secours que le roi, son mattre, lui avoit fait esp(5rcr; et il le prioitde lui renvoyer,en memetems , deux galeres de la religion , qui etoient revenues des courses, avec tous les chevaliers assembles a Messine , qui , a la faveur de la flotte' d'Espagne, csperoient rentrer dans le port. 'Le commandeur de la Valette lui remit, en m^metems , un memoire exact de la route que devoit teuir la flotte Chretienne, avec le double des signaux quHl faudroit faire de part et d autre, soit au Goze « ou aux cales voisines on Ton pourroit debarquer. Le vice«-roi lui renvoya aussitot un courrier avec assurance d'un prompt secours, quil feroit partir, au plus tard, dans le i5 de juin; et il lexhortoit , jusqu en ce tems -la, de faire filer de nouveiles troupes dans le fort Saint* Elme, pour empecher les Turcs de sen rendre
DE8 CHEVALIERS DE MALTE. 3gi
Ie» tnattres. La Valette, pour encoiirager la gar- — — nison, lui fit part des nouvelleg quil avoit re- dcu queg du vice-roi. Le chevalier de Medran , qui Valette. y avoit conduit le dernier secours , fit une sortie, se jetta dans la tranch^e , surprit les Turcs ; et , favoris^ de lartillerie du ch&teau qui faisoit un feu continue! , tailla d abord en pieces tout ce qui se pr^senta devant lui. Mais les Turcs , revenus de la surprise quil leur avoit d abord causae, B'^tantrallies, retourn^rent en foule a la charge; et, apr^s un combat fort opini^tre, regagn^rent la tranch^e , et forcerent les Chretiens a se reti* rcr dans la place. Malheureusement pour les assi^g^s , il faisoit un vent violent , qui repoussoit la fum^e de rartilterie ; cette fum^e, comme un naage ^pats, se rassembla sur la contrescarpe* Ijes Turcsi, k la faveur de cette obscurite, sen enipar^re^t , y firent un logement avec des arbres, des poutres et des sacs de laine et de terre, dentils avoient fait provision; et ils y dressyrent, en mkme^tetos J une batterie.
Ges t^n^bres passageres ^tant dissipccs, on vit, du fort^vecbeaucoup de surprise, ies Enseignes des Turcs arborees sur cet endroit, doii ces infidcles cominenc^rent a battre le ravelin. Cette pi^ce n (itant pas assez ^lev^e , se trouva rn^me expos^e au feu de leur mousqueterie; en sorte quil ne paroissoit aucun des assieges qui ne fut tue aussit6t paries janissaires, qui tiroient avec beaucoup de justessc: cc qui donna occasion au capitaine Lacerda, §ous pretexte quil craignoit,
3f)a HISTOIRE DE L*ORDRE
^ dUoit-il , que les InfidMes^ne se loge&stent dans
i>i LA cet ouvrage avanc^, de proposer de le miner el
Vautti. j^ i^ f3JpQ sauter. Mais on rejelta ce coDseil , qui ne lui fit pas bcaucoup d'honneur, et qu on soup* i;onna venir d un homme qui pilissoit dans le peril, et qui eut souhait^, quelque fut le succis de ce si^e , d en voir , au plutdt , la fin.
Pendant que les Chretiens et les infid^les ^toienl tous les jours aux mains, on vit arriver, dans la flotte des Turcs, le ren^gat Ulucchialy, fameux corsaire, avec six galeres quil avoit amendesd*A» lexandrie, et neuf cents hommesde d^barque* ment; et, peu de jours apr6s, Diragut, vice-roi de Tripoli , y en amena seize cents sur treize galires et deux galiotes. Nous avons dit que le Grand-Seigneur , prevenu destime pour sa valeur et sa ca« pacite , avoit express^ment d^fendu a ses g^n^ ruux de terre et de mer , de ne rien entreprendre sans sa participation. Son m^rite et le credit surtout qu'il avoit h la Porte , le fit reoevoir , par toutc Tarmce, au bruit de Tartillerie, et avec toutcs sortes dc marques de d^f(6rence et de distinction : il ne fut pas plut6t d^barqn^, quil voulut visiter le camp et les principaux endroits de Tisle.
Quelques mesures d'honneteti quil gardat - avec les geaeraux , il t^moigna qu il ne pouvoit approuver qu on eut commence cette entreprise par le siege du fort Saint -Elme : il pretendit qu on auroit du d ubord suttacher au ch&teau du Goze, et ensuitc ;i la Cite notable, qui four^
DES CHEVALIERS DE MALTE. 3g3
nissoient des vivres au Boarg et au chateau Saint-
Ange. II ajouta que, par la prise de ces deux qela places, non-seulement on auroit coupe, disoit-il, Valkite. les mameUes qui nourrissoient le reste de Fisle , mais, ce qui etoit bien plus important , qu on au^ roit ferme, aux Chretiens , le chemin du secours quils pretendoient faire entrer dans Fisle. Le bacha, quoique revetu de la dignite de general, mais qui redoutoit le credit du corsaire , lui representa que , pour mettre la flotte du Grand- Seigneur a Fabri des vents , et mSme a convert de larmee des Chretiens, il n avoit pu se dispen- ' $er d attaquer d abord le fort , dont la prise lui ouvroit une libre entree dans le port Musciet ; qu apr^s tout , ce siege n etoit pas encore si avance quon ne put le lever, s'il le jugeoita propos , et transporter Farmee au Goze et devan t la Cite. « Ce ne seroit pas le parti le moins pru- ((dent, repartit Dragut, si Faflaire n etoit pas u trop engagee ; . mais , apr^s Fouverture de la tftranchee,et plusieurs jours dattaque, on ne c pourroit lever le siege sans commettre la gloire tt de sa Hautesse, et peut-Stre mSme sans decou- «rager le soldat». Ainsi il conclut a employer toutes les forces de Farmee pour sortir, avec honneur, de cette cntreprise; et, pour faire voir qu une basse en vie , et cette malignite , ^i ordinaire parmi les courtisans , n'avoit eu aucune part a la liberte qu'il avoit prise de dire son sentiment, depuis quon eut resolu dc conlinuer le siege, il sy employ a avec autant de courage et
(Vassiduit^, que sil cut iti responsable du sucr DK ti ccsi. Od u avoit gu^res vu d oflficier«-geaeral plus Valkits. intrepidc; il etoit des joure entiers dans la trancliee ou aux l^atteries. Parmi oes difFerens taleos^ personne n entendoil mieux que lui la direction et la conduite de rarliUerie : c^loit son premier nidtier, comme nous I'avons dit dans le Livre precedent. Parson ordre, le premier dejuin, on dressa une'seconde batterie, parall^e a la premiere, mais plus proche du fort; et, pour entrctcnir un feu continuel, elles tiroient, Tune apres Fautre, contre un cavalier qui couvroit le fort. II pia<;a quatre canons du c6t^ du port Musciet, qui plongeoient dans le foss^, et battoient la casemate ; et , sur la pointe de Fentr^ du port Musciet, qui a retenu , depuis ce tems-la, le nom de Cap ou pointe de Dragut. II y fit amener,deses galj^rcs, quatre couleuvrines , qui battoient le flanc du ravelin, du cavalier^ et tout le c6td du fort qui regardoit Toccident.
I^s ing^nieurs Turcs, a la faveur de leurs mousquetaires , qui tiroient, continuellement, contre le ravelin , sortirent de la tranch^e. Pour reconnoitre IcfFet de leurs batteries, ils savancdrcnt hardiment, et tout a d^couvert, jusquau pied de ce ravelin, sans que personne leur en defendlt les approches ; soit que la sentinelie eut ^t^ tu^, ou quelle fut endormie; soit aussi par la faute des ofHciers, qui laissoient , aux simples soldats, le soin de faire les rondes, Ces ingenieurs, a la faveur de ce profond silence, reconnurent,
Jean
DES CHEVALIERS DE MAIiTE. 39$
tout a leur aise, cet ouvrage detache du fort^ et qu on ne.pouvoit y aller du cavalier que par une uela esp^ce de pont, compost de quelques planches, ^^^ttk. lis decouvrirent^en meme-tems^ une canonniere plac^e dans un eudroit 6i has, qu'un de ces in-r gcnieurs, ^tant monrie sur les epaules d un autre, aperqut les soldats Chretiens couches ncgligemment , et ensevelis dans un profond sommeil.
Les Turcs firent aussitdt venir des troupes, qui, ayant pos^ des echelles, entrerent par la cano-r niere dans le ravelin , ^en rendirent les maitres, et coup^rent la gorge a la plupart des Chretiens, Geux qui s'eveill^rent les premiers, voyant cette foule d'ennemis , s enfuireni ; et plusieurs , pour eviter le sabre des Turcs , se precipitferent , du pont, dans le fond du foss^. Les Turca, profitant de leur avantage, se jett^rent sur le pont pour passer dans le cavalier; mais ils furent arretes par Guerare, sergent-major, qui, au bruit quils faisoient, y etoit accouru avec quelques soldats. II f'ut bient6t seconds par les chevaliers de Vercoyrau et de Medran , qui s y rendirent a la tete de leurs compagnies; on vit ensuite arriver le bailli de Negrepont avec plusieurs autres chevaliers. Le combat dcvint alors plus e^al; et na^eme les Chr<ilicn9 repousserent les infiddes. Comme le ravelin n avoit point de defense , du cote du ca^ valier et da fort , a la faveur de deux canons , quon hraqua contre cet ouvrage, et dont les joups dcartoient les Turcs, on esperoit de le reprendre, et de les en chasser. Mais leur general.
Jus
3g6 UISTOIHE DE L*OHDHB
de son c6t^ , fit avancer difRrens coqM d*infon« terie, qui, sans crainte du feu, se jettdrent dans Valcttk. i^ ravelin ; et , ayant fait venir des pionniers, des sacs de laine et des sacs k terre, avec des barriques et des planches, ils sy logirent; en sorte que tout leffort des Chretiens ne.les en put chasser.
Us poussirent encore plus loin leur entreprise et, voyant que le baiUi et les chevaliers, pour se retirer dans le cavalier, avoient pris leur chemin par le has du foss<i , avec une audace que Tesperanoe d*une enti^re victoire leur inspiroit, ils sy jettirent T^p^ k la main , les poursuivirent opini4tr^ment, et ne furent arrit^s que par Tartillerie du fort, et par une gr^le de knx d artifices, de pierres , de coups de mousquets, et de canonnades, qui tudrent les plus hardis, et qui en mirent un si grand nombre hors de combat, qu ils furent obliges d abandonner leur poursuite, et de se retirer m6me hors du foss^. Apr6s s'^tre ral* li^, et avoir requ un nouveau renfort, ils y revinrent , par une br^che qui etoit h la contres* carpe ; et , par le moyen des ^chelles qu 'ils pla«* cirent au pied du fort, ils y monldrent en foule, avec un courage si determine, quon ne s^ait pas quel aurott ^t^ le succ^s de cette demiire attaque, si, heureusement, les ^chelles ne s'etoient pas trouvees trop courtes. lis furent obliges den descendre et de les abandonner; oe ne fut pas sans perdre beaucoup de monde. On pretend que cette action, qui dura depuis la
potnte du jour jusqua midi, Jeur cotita pr^s de trois mille hommes, des plus braves de leur ar- ^b la m^e. La religion , de son c6t^ > outre la perte du Valetti. ravelin ,^eut vingt chevaliers de tu^s, et pr^s de cent soldats. Le bailli de Ne^^repont , le sergentmajor Gucrare , le chevalier Adorne , et la Roche Percy ra, jeune chevalier Gastillan , furent blesses.
On rapporte que le cheyalier Abel de Bridiers de la Gardampe , ayant requ un'coup de mousquet dans le corps , et voyant que quelqucs-uns de ses confreres se pr^sentoient pour le relever, ' et Je conduire dans un endroit oil il put etre pans^, apr^s les avoir remercids affectueusement de leur bon office: '< Ne me comptez plus, leur « dit-il ) au nombre des vivans ; vos soins seront « mieux employes k d^fendre nos autres fr^res. » 11 se traina ensuite jusqu^ la chap^Ue du chsL^teau; et, apr^s setre recommand^ k Dieu, il expira au pied de lautel , ou on le trouva mort. A la faveur de la nuit, et avec la permission du Grand-Mattre> on transporta les blessds dans le Bourg, pour les y faire panser ; en leur place, et par la m6me voye , on ramena cent hommes commandos par le chevalier Tagn on; lartillerie dufort, les batteries du chateau Saint*Ange et de Tisle de la Sangle , favorisoient ce passage; et, quoique les Turcs eussent deux canons sur le haul de la grotte d'Alicata, qui battoient lendroit par oix Ton pouvoit entrer dans le chateau; et que les janissaires, excellens arquebus
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siers , et qui ne se servoient que de mousqaets
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dun gros calibre , et qui portoient fort loin , VALtTTt. tirasscnt contintiellement sur le rivage Ic plas voisin du fort, ils n avoient pu encore emp£cher cette communication , et le passage de ces petits secours que le Grand-Maitre y envoyoit.
Ce fut par le retour de ces bless^ qu ii apprit, avec douleur, le detail de la perte du ravelin , et tout ce qui s'^toit pas$6 dans cette derniire action : mais , cc qui ne lui causa pas moins <rindignation , c est qu'il d^couvrit que Lacerda , sous prc^texte dune Icg^re blessure , dont a peine on Yoyoit la marque, Vetoit m^le parmi )es bless<^s. Cette lacbet^, dont, jusqnalors, il n'y avoit point eu d exemple dans la religion , afBigea sensiblement la Valette; et, quoiquil etit pitic de sa foiblesse , il ne laissa pas de le faire arretcr, et de lenvoyer en prison : cbafimient encore trop doux pour un bomme qui, pendant tout le siege, n'avoit fait paroitre d'babilete e( d'adresse que pour s eloigner du peril.
Le bailli de Negrepont, le convmandeur Bro* gUo, quoique blesses, et tous deux fort ftg^, refus^rent, avec beaucoup de courage, Ia*pernaission que Ic Grand-Maitre leur avoit envoyte de revenir au couvent: ponr toute r^ponse, ils lui mand^rcnt quits vouloient mourir dans le^r poste, et au lit d'honneur. Ces chevaliei*s si respectables, toujours sons les armes, les visag^es brules ct d^figurc^s par Fardeur du solei), ne pa!rloicnt point des cndroits ou il y avoit le plus de
peril; et, quoique d'uDe vieillesse presque ca- — ' '
diique, ils portoient eux-m^mes de la terre dans pela. les endroits qu'il falloit fortifier, ou secouroient Valette. lesautres chevaliers qui, dans une place si etroite, ^toieiit, a tous momens, blesses. On ne voyoit que des boiteux , dea bras en ^charpes, et menie des membres separes du corps, ^pars confus^ment, et qu'on n avoit pas le terns de couvrir de terre; et ces hommes, dont la plupart n'etoient plus que la moiti^ deux-memes, conservoient ua courage entier, servoient Tartillerie , se trainoient jusques sur les br^ches , et presentoient pat-tout un front redoutable.
Le Grand-^Maitre leur faisoit pas$er successivement tous les secours que la place pouvoit contenir; maisi comme, par le feu eontinuel des ennemis, il ny avoit presque point de jour qu on ne perdit un grand nombre de chevaliers et de soldats, il fit partir, la nuit, une barque pour la Sicile, qui porta, de sa part, des lettres.au vicieroi, par lesqueUes il lui faisoit part de F^xtremite oil le fort etoit reduit. II lui marquoit expre^sement, quil ^toii surpris quil netit pas encore tent^ de faire repasser 4 Make, sur Ie» deux galeres de la religpton, les eheyaiiers qui n'attendoient qi^e cette occasion pour se rendre a, leur devoir; et il lui demandoit, en meme* tems, un sQCQ41r3paptic111lier.de mille soldats, pour remplacer ceux qui perissoient jourriellement dans le fort. Gpik^rae, par la conduite que tenoit ce vice^roi , et par le peu d empressement
4oO niSTOIBE DC l'OKDKE
. qu'il avoit k rassembler les difFerentes esca<lre^ 01 LA (lu roi dEspagne, il craignoit quil ne se deter- Yalittb. inin4t jamais k tenter le sort d un combat naval, il lui marquoit , k la fin de sa lettre, que, pourvu qull voulut settlement d^barqaerhuit mille bommes dans Fisle, il se flattoit, avec ce qui lui res* toit de troupes, de faire lever le sieg^e, et de forcer les ennemis a se rembarquer. Le vice-roi . lui envoya sur le champ Salvag^o, qui, par ordre du Grand-Maitre, ^toit rest^ aupr^s de lui pour hater le secours ; et il le fit accompagner par un autre chevalier appdl^ Mirande , des premiers de TOrdre, et des plus ^l^s. II les chargea d assurer le Grand-Mattre qu il ne perdroit pas un moment de tems pour rassemBler tons les vaisseaux et les galores necessaires pour lui porter le secours quil attendoit, mais quil nen avoit pas encore un assez grand nombre pour hazarder une bataille contre la flotte des Turcs; quil avoit besoin de celles de la religion; et que , pour accel^rer Tembarquement des troupes , il ne pouvoit les envoyer trop t6t.
Les deux chevaliers se jett^rent dans un leger brigantin , escort^ de deux galores de la religion, que le vice- roi avoit retenues dans le port de Sarragosse (i); ils doubl^rent le cap de Passaro ; d'oii, apr^ avoir renvoy^les galores qui ne pou-* voient pas avancer plus pr^s du port sans £tre
(i) Cest Taocienne Syracuse, appellee au|our<fhui, daa» la laogue du pays, Sarragoga.
DES GHEVALIEtlS DE MiCLTt. ^oX
citicouvertes , iU entr^rent dans celui de Muscict, *
k la faveur de la nuit , et gagn^r^nt le rivage le uv. la plus proche du fort Saint-Blmei^ Ih s'y retir6rent Vawtm, pendant Ic jour; et, la nuittsuivante, aprds avoir visits exactement len diffi^rens postes de ccite place ) et en avoir reconnu le niauvaU etat^ 11^ se rembarqu^rent, et 86 rendirent au Bonrg aur pr^s du Grand-Maitre. II fut fort surpris qu iU arriv&ssent sans aucun secours, sur^tout sans les deux galores de la religion, et que le vice-^ roi , non-content de les retenir, demUndat encore . les cinq autres, doot les soldats et la chiourme travailloient continuellement k fortifier diffclrens postes du Bourg et de Tisle de la Sangle^ Gette conduite le confirma dans le so^p^on qu'il avoit que le vice-roi , malgr^ ses pronicsses , et lostentation d un puissant secours, n osoit ha^ar*der une bataille, et que, par ces delais afFec* t^8 , et la demande kors de salson qu il faisoit des galores, il ne clierchoit qu un pr^texte pour se dispenser de venir attaquer la flotte des Turcs. II lui renvoya Salvago ^ chevalier plein de z^le, et qui , au p^rfl d'etre pris paries infid^les, passa et repassa plusieurs fois.j pendant le si^ge, au travers dc larmee ennemie. Le Grand-Mattre le chargea de rcpr^senter, au vicc-rpi^ qu!il no pouvoit lui envoyer les galores de la religion, sana une escorte, sur chacune, au moins^de cinquantc floldats , et un bon nombre d ofllciors pour cou;teoir la chiourme ettles esclaVes, qui pourroieAt .«e r^volter; et que> bi^n lojn: de^e.U^faire des