‹ Œuvres choisies de l'abbé de Vertot (volume 2)Chapitre 11 sur 15 · ae · texte numérisé non relu

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' ' * ^ '■• •«'w. iloecrojoit paspouToircon-

"* *'"•''.«,« atlrodaoC Ic grand sccours "■" '^ •'^i>.Mi f«prrpr, il ne lui fburDissoU de •^rcrtif* f iTMir rvbtoter aux attaques conioNk-W. Avaot qu il partit , 3 ki 's^* I'Jrt ptavoirt , <le sa part ct de celk « ptMir \e prieur Gadnare, par le»f»oni cooiniaiKlear, des premiers de iv^ "^ • ^^ • -"Mt MJtori^ a einpruDter d€»s sommes "^ "^ ^^r^im hanqttes publiqiies, ramas»ef ^ ^^ %€% rr>poDsioii8, acbeter dc$ rouoi- •^^ -^M^fTf , et eovover le tout iocessaro- -•Iff a%ec le» deux paleres, ct tous les •7%ii, pour y passer, setoient rentlus . « ftttendoient, avec impatience, le \ 1 jfrantJe flotte.

-^ p artit irul poor la Sicile ; Lamirande.

«p--4<*, deman«ia au Grand*Mattre,et en |^««Tiniv(i(>ti de sc renfrrroer dan? le - -p* : il T hit reru avec la consideraii^a ^tiie a sa valeur : cetoit ud aocien . ^^alement revere par sa piete el par -^■m^^^. et qui setoit sifjnale en plusieurt fa-. Tow le* cbevalirrs de la place, de \\m'\ A'ftTerent la chai^ de major; il ^ B^xa aver sa valeur et sa capacite on^ietperieBce , sa presence daos toir^ •%t« on il en eioit liesoin , et, «ar-tout • Je , au}»[ineotereDt le coura^ du s^^l- ^^^gr ^P^^ ^^ maniere de se meCtre a coocoap'^ casoo ennemi , et , eo meiue'

terns J de pouvoir, saas se dicouvrir, yV^pondre — par le fetr de la place. Par ses solns, il fit entrer de la anegrande provision de vin, de vivres^ et de v*"^"* r^inhdes pour les blesses et pour les lualade^ : c^Coit le p^re des soldats; rien n'^chappoit a soa atteotion que le soin particulier de sa personne et de sa propre conservation, y/

Dragut, pour emp^cher ces secours continuels , et la communication du Bourg avec le fort, proposa , dans le Gonseil , de dresser une nou«* velie batterie sur la pointe du grand port, situ^e. k rOrient, et a Vendroit oil on avoit ^leve des fourches patibulaires. Mcus Mustapha lui repr^*senta que cet endroit etoit tropdoign^ du camp> et trop voisdn du Bourg ; que les chevaliers enle- Yeroient le canon , ou du moins Fencloueroient^ qu on lie pourroit conserver cette hatterie, si on B etablissoit, dans le m^nie endroit > une espece de camp , et un corps considerable^ de troupes pour s'opposer aux sorties et aux attaques des astti^^s; que son arm(^e ^toit trop afFoiblie pai? les pertes et les fatigues du siege , pour pouvoir la partager; mais quil falloit remettre ce des-r sein k Tarriv^e du vice-roi d'Alger, qu on attendoit tous les jours avec toutes les forces de son gouvernement , et qui seroit ravi quon le cbar-* gelut de cette entreprise. Le Conseil sWreta a cet avis ; cependant les Turcs continu^rent^ jour et niut,leurs batteries du cdt^ du portMusciet; et, en mi§me-tems , avec des fascines , de la terre, et des sacs de laioe, ils ^levereotle ravelin 4mi-

4o4 HISTOIRE DE L'oRDRE

dessus du parapet de la place, d'oii ils decotrni LA vroient tout ce qui se passoit : apres y avoir fait >Ai.crTe. monter deux canons qui tiroient continudlementy et par le feu de la mousqueterie, ils emp^choient les soldats d approcher du parapet. Pour p^ndtrer jusques-Ia, ils ^toient r^duits k sy conduire par des tranchees et un souterrain qui y aboutissoit; Le bacha, voulant ruiner cette defense, fit, avec des arbres,des antennes de vaisseau , et de grosses planches, construire un pont si large , que six hommes y pouvoient passer de front; et, de peur que les Chretiens, pour le bruler, ne jettassent dessus des feux d^artifices, on le couvrit de terre jusqu*k une certaine hauteur. Par ce pont , et a la faveur du feu continuel du ravelin , les Turcs penetr^rent jasqu'au parapet, sy attachirent, et joignirent la sappe h la mine. Lamirande , qui se portoit par-tout oil il y avoit le plus de danger, ayant reconnu leur dessein, neut pas beaucoup d^inquietude de la mine, que les infid^les tachoient de pousser dans un endroit oil il scavoit bien quilstrouveroient le roc vif et trop difficile a entamer.

Mais comme , par la sappe , ils ruinoient insensiblement le parapet , derriere cet ouvrage il en fit construire un second , fortifie d'un bon fosse, et garni dartillerie : la nuit suivante, il fit une sortie, a la t^te des plus braves soldats de l^a garnison. Pendant que, par une fausse attaque , une partic feignoit de se vouloir jetter dans la tranchee, les autres se glisserent sous le pont , y

mirent le feu , et ne s en redrerent qu apres Fa- — j — voir vu embrase de tous c6tes. Les Turcs, travailr

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leurs infatif][ables, le retablirent des le lendemain, ^a^^tt*. et , sur le soir , fireat la desceate du fosse^ et po^; s^rent des echelles au pied de la muraille, comme s*ils eussent fait dessein de mooter a Tassaut. Le3 chevaliers se present^rent aussitot sur la brech^ avec leur intrepidity ordinaire. Le&infideles, qu^ n ayoient fait ce mouvement que pour les obliger a se decou v rir , se retirerent brusquement , eu meme-tems que leur artillerie , chargee a oar^ touches, fit un feu si terrible, que la religion y perdu plus de chevaliers qu elle n avoit fait jus.-^ qualors, et dans les attaques les plus vives. - Geux qui restoient , voyant le ravelin pris, qui decouvroit tout le fort, la plupartde Tartillerie demontee , les defenses ruinees , de grandes breches et peu de soldats pour les defendre , depu- . terent au Grand -Maitre pour lui repr^senter letat deplorable de la place, et demander que, pour empecher quon ne les emportat d'assaut, il« leur envoyat des barques pour les repasser dans le Bourg. Les assieges choisirent, pour une si facheuse commission , le chevalier Medran , ' estimie du Grand*Maitre par sa valeur , et dont le rapport ne pouvoit etre ^suspect de foiblesse ni de lachete. U declara franchement , a ce prince ^ que la place netoit plus tenable, et que, quand on s'opiniatreroit a y rester encore quelques jours, une defense aussi inutile ne serviroit qu'a f^^ire perir le reste de la g£irnison j qu il ne pou-*- •

4o6 BtSTOIRE DE LORDRE

' voit mime arriver rien de plus avantageux pour

w t4 Ics Tares , que dc faire pa^^ser de nouveaux se-

VALtm. coun dans une place si ruiuee^ qui consumeroit inseDsibiement les troupes ndcessaires pour la defense des autres fort presses de Tisle. 11 ajonta qu il etoit charge cependant , qoelque parti qu'il prit , de lassarer de lob^issanoe aveugle des cbevaiiers et de la gamison.

Le Grand- Maitre fit part an Conseil da sajeC qui avoit fait venir au Bourg le chevalier de Medran , et de T^tat oil se trouvolent le fort et la garnison. La plupart des grands-croix , qui 0001posoient le Conseil , opin^rent a abandomier une si mauvai^ place , qui devoroit, pour aiiisi dire , ses d^fenseurs , et qui , peu*a-peu y soik pretextede sccours, laisseroit les autres foneresses sans ressource. Le Grand-Maitre, malgre de si justes motifs, fut dun avis contraire : il convint qu a la v^rite il ne croyoit pas la place tenable , et il avoua m^me qa*il ne pouvoit s empecher de plaindre le sort des chevaliers qui etoient ejLposes y dans un poste si daogereux , a perir tous les jours ; mais il soutint qu il y avoit des occasions oh il falloit hazarder les inen»bres particuliers pour sauver tout le corps; et quil ^toit bien averti que , si le fort ^toit pris ou abandonne, le vicc-roi avoit declare quil ne hazarderoit point, pour la defense du reste de Fisle, la flotte et les troiipes du roi , son maitre ; qu ainsi le salut entier de Make dependoit absolument de la dun^

' de ce siege ; et que, quoi qu il en coutat a la reli-

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gion, il falloit le prolonger aussi long-tenu qu*oa pourroit. Tout le Conseil revint a son avis ; et , de concert avcc eux, il chargea Medran dc re- ^^»•■"■• presenter, de sa part, aox chevaliers qui setoient enfermes dans le fort, que la conservation ou la perte enti^re de Tisle, et peut*6tre de rOrdre, dependoit du plus ou da moins de terns qu'ils tiendroient dans cette place; qu'ils se souvins* sent des voeux qu'ils avoient faits a leur profession , et qu'ils s etoient oblig^ de sacrifier leurs Ties pour la defense de la religion ; qu on ne laisseroit pas de leur faire passer du secours autant que la petitesse du fort en pourroit contenir; et qu^il ^oit r^olu , quand il en seroit besoin , de se jetter, lui-mime, dans la place, et dy mourir ayec eux.

Medran ayant rapport^ cette r^ponse, plu* sieurs chevaliers, et sur-tout les plus anciens, protest^rent de s ensevelir sous les mines du fort, plut6t que de labandonner ; mais le plus grand nonibre , et des officiers de la gamison , trouv^ rent cetle r6ponse dure et mdme cruelle : ils se plaignirent que le Gonseil, et des gens qui ne partageoient pas le p^ril, les exposoieni, sans aucune apparence d'utilit^ , a la boucherie , et a npe mort inevitable. Une mine que les Turcs tl^choient de pousser sous le premier parapet, augmenta leur$ murmures ; ils ^crivirent au Grand-Maitre pour lui demander ia permission de se retirer dans le Bourg; et, par leur lettre, aign^ .de ctnquante-trois chevaliers, ils lui d6-

Jlah

4o8 HISTOIRE DE L^OEDRE.

' clair^rent, que, si, la nuit suivante, il ne leur IVtk envoyoit pas des barques, pour Irs tirer dun en- V4LCTTE. ilpoit oil iis alloieut tous pcrir, ils ne prendroient alors conscil que de leur desespoir ^ qu ils ferbient une sortie , 1 ep^ a la main ; et qulls se feroient plut6t tous tuer que d etre ^toufFes sous des ruines , ou de. se voir ^gorger comme des b^tes , et exposes aux tourmens que la cruauteingenieuse des barbares sqauroit bien invent^, des que le fort seroit emport^ d assaut.

Ije commandeur du Cornet fut porteur de oette lettre, que le Grand -Mattre ne vit quavec beaucoup de trouble et d'indignation ; mais , comme il avoit un courage superieur aux plus fftcheux eydnemens, il leur r^crivit que, pour mourir avec honncur, comme ils pretendoient, il ne suffisoit pas de perir les armes a la main ; mais que ce devoit etre encore sous le inerite de Tobeissance quils lui devoient, et dans les occasions quil leur prescriroit; que, s'ils abandonnoient le fort, et qu i] les envoyat roprendre avec des chaloupes, on ne pourroit plus esperer de secours du vice-roi ; que les Turcs ne manqueroien t pas aussitot d'investir et d assieger le Bourg, et qu ils y trouveroient egalement la fin de leur vie, et la mort quils se flattoient deviter p^r une honteuse desertion du poste dont la religion leur avoit confie la defense; quau reste, ils navoient rien a craindre des mines, dans un fort construit par-tout sur le roc. Pour tacber de les rdssurer, qu, poiir mieux dire, dans' la yue de

Valette.

gagner du terns, il y envoya trois commissai- " — res (i) , pour lui faire un rapport fidele de letat dela de la place , et combien de jours elle pouyoit encore tenir.

Ces commissai res etant arrives, parlerent avec beaucoup de politesse et de douceur a tous les chevaliers , qui s'etoient assembles pour les rece*voir : ils donnerent mem^ beaucoup de louanges au courage et a la fermete qu'ils avoient fait paroitre jusqualors; et ils les exhort^reut a ne pas ternir leur gloire et leur reputation par une retraite precipitee. Ceui^ des chevaliers qui avoient ecrit au Grand-Maitre , exigferent, avant que de leur repondre , qu ils visitassent les differens postes de la place. Ils leur firent voir qu elle etoit absolument commandee par Texhaussement que les Turcs , depuis qu ils etoient maitres du ravelin, y avoient ajoute; que ce fort etant serre et etroit, il ne se passoit point de jour quon ne leur tuat beaucoup de monde ; et que , pour mieux en juger , il falloit avoir eprouve toute la furie de leur canon et de leur mousqueterie ; qu apres tout , plus on y enverroit de monde , et plus on en perdroit, ny ayant plus meme de terre dont ils pussent se couvrir.

Deux des commissaires, gens sages et habiles, et qui, par leur complaisance, vouloient amener les chevaliers mecontens a leur sentiment, avou^-

(i) Le commandeur de Medine, Espagnoi^ le chevalier de ia Roche, Fran^ais; le chevalier Ga^triot; Italicii.

4lO HI8TOIRE DB L'OBDilE

"'~~~ rent qulls ne comprenoieat pas de qudk ma— M u ni^re on aToil pu tenir si long-terns dans ce petit

VAUTfK. (^^ ^ ^1 3| jyjiiue , qu il ne paroissoit fius que le cadavre defigure d une place de guerre ; n^is ils ajout^rent qu ils ne d^sesp^roient pas que de si braves chevaliers ne trouvAssent , dans leur va-^^ leur, des ressouroes pour s*y maintenir encore quelques jours, et pour donner, au vice-roi, le teois de les venir degager, et de (aire lever le siege. I^ troisiime de ces commissaires s aj^l* loit Gonstantin Gastriot, prince Grec^ et descendu , a ce qu*on prj^tend , de la mime Maisoa que le fameux Scanderberg, le k^ros de FAlbanie, et de toute la Ghretiente. Castriot, tout brulant de zHe , et d un caractire impitueax , sans avoir recours aux m^nagemens de ses confreres, soutint hautement que la place netoit point r^dttite a une si grande extrimite , qu'il ne fut possible de sy maintenir encore quelqne terns; quil y avoit difFerens moyens de mettre le fort k couvert de Tartillerie du ravelin ; qu en de^a des br^ches, on pouvoit (aire des coupures bordces de palissades et de bons retrancbemens ; d*ailleurs que personne n'ignoroit quune place, batie sur le roc, ne pouvoit dtre min^.

Les chevaliers auxquels ce discours s adressoit, le prirent pour une injure, comme s'il leur eut voulu reprocher, ouquils ne s^avoient pas lenr metier, ou quils navoient pas assez de courage pour recourir aux rem^es perilleux de Tart mi«* litaire. Ce fut assez pour exciter de lacheuses

V4LITTI.

BES OHHVALIERS D£ MALTE. 4ll

contestations : chacun soutenoit son sentiment avec ardeur ; la dispute s'^cbaufFa ; quelquea-uns, bl la des plus vifs, s^cri^rent qu il failoit retenir un si habile bomme dans la place , ct lobliger de mettre, lui-m^me, en pratique ses lemons; quelqaes autres coururent a la porte du fort, sen reodre les m^ttres, et pour la fermer. Un tu«multe pernicieux , et dont les Turcs pouvoient M pi^valoir, commenqa k s elever : pour Tappai* Mr, le bailli de Negrepont et Lamirande firent sonner Talarme : ce qui fit courir tous les cheva-* liers, cbacun a leur poste.

lies commissaires , de retour au Bourg, rendirent compte au Grand -Mattre du mauvais ^tat oil lis avoient trouv^ la place , et lui d^clar^rent franchement qulls ne croyoient pas que la garnison p^t soutenir un assaut. Gastriot , au con^ traire, soit par attachement pour son premie^ avis, et peut-^tre aussi par ressentiment de ce qui setoit passe entre lui et les chevaliers, protendit que la place n etoit pas hors de defense ; et il offrit au Grand-Mattre , s il vouloit lui permettre de lever quelques troupes dans Tislct , da s'enferaaer dans le fort^ et de sy maintenir, jusqua larriv^ie du secours, contre tous les efforts des infid^les.

II y avoit, peut-^tre, dans ces promesses, plus de courage et de resolution , que dc connoissance du veritable ^tat de la place; et le Grand -Mattre , lui-in6me , sc^avoit bien a quoi sen tenir; mais, eomme il avoit un intt^rStessentiei a pro-

4l3 HISTOIRE DE L^OBDRE

longer Ic si^ge k quelque prix que cc fut, il ac-

DB LA cepta les offices de Castriot , dont il pr^tendoit

TALbTri. f^ji^ p]u3 ^i^Q usage: il lui donna rodme, en

public , de grandes louanges ; et lev^ue de Malte , de concert avec lui , et plein d*ua zele si convenable a sa dignite , avan^a , de son argent, les somraes nooessaires pour faire de uouvelles levees, quj devoient relever les chevaliers. On hattit aussitot le tambour dans le Bourg et dans - toutes les places. Un grand nombre d*habitans de la compngne , et m^me des principaux de ia ville , prirent parti ; chacun , a lenvi , vouloit se faire enroler. Ix^s chevaliers, qui etoient daas le fort, neo apprirent les nouvelles quavec une surprise m^lee de chagrin ; et , ce qui laugmenta encore, cest que le Grand *Mattre leur ^crivit, depuis, d'un style dur et sec, et plein de hauteur, quil leur donnoit volontiers leur conge; que, pour un chevalier qui leur paroissoit rebute de souteuir plus long-tems le siege,. il se presentoit dix braves soldats , pleins de courage et d ardeur, et qui demandoient avec emprcssement la permission de se jetter dan^ le fort, il ajouta quil feroit partir incessamment , sur des barques, cette nouvelle garnison ; qu'ils pouvoient remet*> tre lours postes aux officiers qui la conduiroient, et que, pour eux, ils se servtssent de la meme voye pour se rendre aii Bourg. « Revenez au cou* ttvent, mes freres, leur disoit^il, vous y serez i( plus en suretc ; et, de notrc cdt^, nous serous « plus tranquilles sur la conservation d une place

« importante , et d ou depend le salut entier de

« 1 isle et de tout notre Ordre «... de la

Les chevalicrs,'inecontens, sentireat vivement v*^*"^ rindifierence , et meme le m^pris que ce peu de motohenfermoit. En remettant la place a des recraes et k de nouveaux soldats , ils se represen*toient, avec douleur, la confusion dont ils alloient secouvrir a la face de tout FOrdre. *« Comment j « se disoient^ils les uns aux autres , soutiendrons-^ tt nous la vue du Grand-Maitre , et les reprbches «de nos confreres? Et, 8*il faut que cette nou?* ttvelle garnison soit assez heureuse pour se « maintenir dans la place jusqu a larriyee du se* Kcours, quel endroit de la terre pourrons-nous «trouver, assez 4\oiffni du commerce des hom-^ «mes, pour y aller cacher notre honte et notre «douleur»'? Pleins de ces tristes reflexions , ils resolurent de se faire tons tuer plut6t que de ce* der leur poste k cette milice , ou d abandonner la place aux Turcs; et ils pri^rent 4e bailli de Negrepont.et le commandeur Broglio, de faire conpottre au Grand-Mattre leur repentir, et la disposition oil ils ^toient de r^pandre jusqu a la derni^re goutte de leur sang pour la defense de la place. Gomme il etoit encore jour, et quon Vouloit prevenir Farriv^e des barques , le gouver- / neur lui depecha aussitdt un habile nageur. II lui niarquoit , par sa lettre , Theureux changer ment qui s etoit fait dans les esprits; et il lui demandoit , de la part des mecontens , le pardon de leur faute , et la permission de leffacer

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