DE L*ORDRE DE MALTE
citur, sed per habentem potestatem solitâ sub for^ mulâ. Aussi Pierre de la Vigne, dans la vie de lempéreur Frédéric, dont nous venons.de parler, dit expressément : licetgeneris nobilitas in posteras derivetur, non tamen equestris dignitas. C'est pour ne pas confondre ces deux sortes de chevaleries, lune qui ne vient que des ancêtres, et lautre qu on n acquiert que par ses propres armes, que quelques historiens du moyen âge, Jour désigner les chevaliers ancêtres, de celui ont ils parlent, se sont servis du terme de miYttes, et qu'ils n employent celui d'equesy que pour marquer celui qui, actuellement, a reçu TOrdre de chevalerie.
Les chevaliers de Saint -Jean de Jérusalem, dans leur institution militaire , se conformèrent à cet usage. Ce qui nous reste en France , et dans les registres des prieurés des trois langues de cette nation, des noms <l'anciens chevaliers de cet Ordre , fait voir qu ils étoient tous issus d ancêtres guerriers, et de gentilshommes de nom et d'armes. Mais comme , par la suite des tems , il s est établi difFérens usages ; que chaque nation s est crue en droit de déterminer, et même d'étendre la nature de la noblesse, et d'en fixer les preuves, les premières magistratures, et certaines charges civiles , ont obtenu , en France et en Italie, le même avantage que la noblesse purement militaire; et, parmi ces deux nations, on reçoit actuellement pour chevaliers des personnes qui seroient rejettées en Allema-
gne. CTest ce qui m engage à entrer dans le détail des différentes preuves qu on exige, dans la plupart des langues, en faveur de la noblesse de ceux qui se présentent pour être admis dans rOrdre , en qualité de chevaliers de justice : et , comme le royaume de France comprend seul trois langues, et que cette natiçuT* par conséquent , fouili)it plus de chevaliers qu'aucune autre , nous remarquerons succinctement les difierentes règles qu on a observées, en dilFérens tems, dans la réception des chevaliers. •
Si on en croit les personnes sçavantes dans Fart héraldique , c est des croisades qu est venu Tusage des armoiries. Tant de croix de différen* tes figures , qu on voit dans les écussons de lancienne noblesse, en sont la preuve; et les couleurs, les émaux, le vair et contre -vair quon y rencontre , doivent leur origine aux pelleteries dont ces guerriers ornoient leurs cottes d armes. La plupart passoient à la Terre -Sainte^ exprès pour y recevoir TOrdre de chevalerie ; et ils se croyoient trop dédommagés des périls et des fetigues d*un si long voyage, quand, dans des batailles contre les infidèles, ils avoient reçu , des princes et des généraux , laccolade avec le tjtre de chevalier. L'Ordre militaire , dont nous venons d écrire Fhistoire , fut fondé dans le même esprit et sur le même modèle. On ne reconnut
(i) ProTence y Auvergne et France.