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«^observation générale, que nous voua prions (tde faire sur ce mémorial ^ qui est : que nos con*. institutions demandent que les ][>arens du pré- « sente ayent possédé des charges et des dignités «qui ne se donnent qu à des nobles. Or nous «nen voyons aucune dans là famille du pré* « sente y tant du côté* paternel que du maternel , «quun roturier ne puisse remplir. Il tire tout «Téclat et tout le lustre de sa noblesse de la «charge de secrétaire du roi; charge qui im- « prime le caractère de noblesse, à celui qui en «est revêtu, au moment qu on ^n imprime le «^ sceau à ses provisions, et qui fait à sa per- « sonne une; métamorphose aussi prompte que «surprenante, en 1$ faisant lever noble lema- «tin, lorsque, le soir, il s étoit couché roturier. «Que ces nobles. Messieurs, sont différens de « ceux qui , dans le tems où Ton a fait la distinc- «tion* des trois rangs de notre Ordre, en ont M rempli le premier ; qui sont sortis de ces famîl- «les aussi anciennes que rétablissement de la «Monarchie^ et dont, en remontant aux siècles «passés, on a de la peine à démêler l'origine; « qui ont scellé leur noblesse du sang qu'ils ont « prodigué pour la gloire de leur patrie , et le «soutien de TÉtat; et qu'ils ont cimenté par les «charges y les dignités et les emplois militaires « que leurs longs services leur ont mérités !
«Il est vrai, Messieurs, que la volonté du «< prince est une loi souveraine pour ses sujets , « et qu on doit honorer ceux qu'il lui plaît d'ho-
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• Dorer (i ). Nous o envions donc point, mx non- « veaux nobles , les privilèges dont le roi veut « quHft jouissent ; mais nous sommes persuadés , m par la protection que sa majesté a la bonté u d accorder à notre Ordre, quil n exige pas de tf nous que nous y recevions ceux que nous ne « trouvons pas dignes d'y entrer. Combien avons- « nous de femilles, en France, que nous en ex- M cluons, quoique nobles de plusieurs siècles , par « le seul soupçon que leuiqs ancêtres ont judaisé! u Combien de nobles, sortis de Thérésie, qui ne «peuvent y entrer sans dispenses! N'est -il pas « certain que les comtes de Saint-Jean de Lyon ^ne reçoivent pas, dans leur compagnie, ceux M qui n ont d autre noblesse que celle qu ils tirent « d'une charge de secrétaire du roi, et dont les u pères ont été fermiers - généraux ? Sa majesté tt nous laisse donc, à eux et à nous, la liberté de c suivre nos constitutions et nos usages ; elle «nous permet de vivre selon nos lois et nos «mœurs; et, si nous y avons dérogé, en rece- « vant, parmi nous, quelques-uns de ces noUes u de nouvelle impression , nous ne devons nous « en prendre qu a la facilité de ceux qui nous «ont précédés. Labus s en est donc introduit; « et , quoique nous ne puissions voir qu avec « douleur qu'il a prévalu , nos plaintes s en font « moins entendre lorsque ces nouveaux nobles « contractent des alliances , dont leclat relève
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tt ce qui est obscur dans leurs familles. Mais , « bien loin que celle du présenté se distingue par «ses alliances, il ne soutient sa noblesse pater- M nelle , qui est fort équivoque , que par des « Brefs qui le dispensent de faire preuve de note blesse de quatre familles du'côté maternel. SU « sortoit d'une de ces familles illustres qui ont « donné fies officiers à la Couronne , des génér u raux à nos armées , et des gouverneurs à nos « provinces , de ces familles dont le nom seul «fait 1 éloge, et qui pourroit les dispenser de «faire preuve de noblesse, étant connus géné- «ralement par tout le royaume, nous demeure- « rions dans le silence au sujet des Brefs quil a u obtenus, pom^sa famille, du côté maternel:
«car nous sça^JI» que les Maisons les plus ilu lustres sont quelquefois forcées de se mésallier. «Mais que ce présenté, dont la noblesse, du u côté paternel , est des plus nouvelles, se veuille «servir des Brefs qui le dispensent den faire « preuve pou^ quatre familles du côté maternel, «c est ce qui nous fait une peine que nous ne «pouvons exprimer, et qui nous. oblige de vous «supplier. Messieurs, den faire de très-humbles «remontrances à son Éminence, dont nous ne u pouvons douter qu on n ait surpris la religion « dans la grâce qu il a bien voulu accorder à ce «présenté.
«Mous trouvons, de plus, parle rapport de «messieurs les commissaires, que le père du «présenté a exercé lemploi de fermier-général,
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« Tespaoe de douie à quinae ans : nous préten- « dons que cet emploi a terni le peu de lastre « que la char(|[e de secrétaire du roi donnoit à sa « noblesse. Nous S(;avons que ce n est pas le sen- « timent de ceux qui soutiennent la noMesse de « cet emploi f que messieurs les commissaires ont «suivi dans leurs rapports; mais nous sommes « persuadés du contraire ; et la raison qui nous • fait croire que la qualité de fermier -général •tdérog^e à la noblesse, est que toutbomme qui <« fait valoir par un bail le bien d autrui , devient « roturier. On met à la taille un gentilhomme u qui prend à ferme la terre de son voisin. Il est « vrai que les biens dont ce fermier-général fait « un bail , sont les biens du roi ypnais la qualité « différente des personnes dcj^ Ion prend le u bien à ferme, ne cbange rien dans celle du fer- « mier qui est toujours roturière en elle-même : « et cela est si vrai , que sa majesté , ponr enga- «ger plus de gens dans les baux de ses fermes, « leur accorde des lettres-patentes qui permettent «même aux gentilshommes dy entrer sans dé- « roger : preuve infeillible que Ion déroge en y M entrant , si le roi n*en ordonne autrement : on « n a pas besoin de lettres-patentes pour conseil A versa noblesse dans un corps, dont lentrée n est «point dérogeante. Quand un gentilhomme se '(fait recevoir avocat, sa noblesse n'en reçoit « aucune atteinte ; il n a que faire de lettres^a- « tentes pour I y conserver, parce que la protes- A sion d'avocat n apporte nulle dérogeance à no*
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tt|bIeMe; s'il en faat.xlonc à un gentilhomme «pour entrerdahs lès fermes du roi* sans déro- « ger , c*est que , sans 'ces lettres , il dérogeroit en (cy entrant: Mais, ce qui nous a paru de plus « décisif pouf arrêter le mémorial du présenté, a est la rémarque qtie messieurs les cominissaires (^ ont faite , dans leur i^appor t , sur la qualité de « son ayeul maternel. Ces messieurs disent qu'il « est de notôHété publique, et nous nous en re- «posons sur leur foi, quenon^eulement il a été « fermier-général , ainsi que le père du présenté ; Minais qu il est entré dans des affaires extraordi- ('Tiaires, dans les partis,' dans les maltôtes. Il « s est acquis , par-là , le nom de partisan et de «tnaltôtler. Vons sçavex, Messieurs, que cette « profession a été odieuse dans totis Jes siècles , «et que ceux qui Texercent se sont attirés, de «tous tetns, la hatne des peuples qui souffrent « et qui criimt contre letirs exactions. Ces gens , «qui s^cngraissent de leur sang, et qui profitent (c de là fiâiisère publique, ont toujours été regar- «dés, si nt)US osonâ le dire, avec des yeux et des « sentimens un peu plus forts qu^e eeux de Tindi- «gnation. En effet, ^nous lisons, dans Técriture, «que le$ Juifs qui cherchoient à décrier, en ((toute occasion, la conduite du sauveur du « monde ^ lui reptéchoient, commet un crime, de «cequil mangeoit avec les partisans (i) : ce qui «fait voir combien cette race a toujours été en
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« horreur dans le Monde. Cet ayeul maternel «D ayant point été réhabilité pour une déro- « geance si criante , nous vous laissons à juger «quels sentimens vous devez avoir de œ mé- «morial. Nous ne pouvons vous taire que la • Cour et la ville de Paris , où les fermiers-géné* « raux sont fort accrédités , attendent avec im- « patience Tévènement de cette afïaire , pour «nous louer ou nous blâmer, suivant le parti «que nous prendrons; et Ion se plaint déjà, par «avance, du peu de fermeté qui semble que «nous fassions paroitre à maintenir Thonneur « du' plus illustre de tous les Ordres du Monde «Chrétien.
« Si nous recevons au rang des chevaliers de «justice les enfiains des fermiers-généraux, et des « gens d affaires, notre Ordre ne sei^ plus, dans « la suite, qu une congrégation où les trois rangs «seront confondus, ainsi que les jaloux de sa «gloire commencent à nous le reprocher. Si « nous ouvrons la porte à celui-ci, nou0 la ver- « rons , dans la suite , assiégée par une foule de «sujets de la même qualité, qui la forceront « enfin. Car ces heureux du siècle, dont les ri- « chesses sont immenses, et dont l'ambition égale «les richesses, ne trouvent nulle difficulté quils « ne soyent en état de surmonter. Ils portent avec «eux leur recommandation; il ny a aucune « puissance sur la terre qui soit capable de résis* « ter à leurs sollicitations vives et pressantes ; et ^qui pourroit leur refuser des grâces, eux qui
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«ont en main tous les. ressorts qui les peuvent « faire accorder ?
«Nous finissons cette lettre, Messieurs^ que «nous nous apperçevons être déjà trop longue , «en vous faisant souvenir que Thonneur des tt rangs dont notre Ordre est composé, souffre tt également de l'entrée que les gens d'affaires y « veulent avoir. Les chevaliers , qui sont dans le » premier rang, sont mortifiés qu'on leur donne, «pour compagnons de noblesse, des personnes « dont la naissance a si peu d'éclat ; et nos frères «des deux autres rang» ne le sont pas moins de « voir qu'on veuille faire recevoir, dans un rang «supérieur, des sujets dont l'extraction est sou- «vent inférieure à la leur. Nous espérons donc, «Messieurs, que ce que nous avons l'honneur de « vous représenter, vous fera prendre des réso- « lutions dignes de vous et de nous ; puisque nous «conspirons unanimement , les uns et les autres, « à maintenir la pureté de la noblesse dans notre « Ordre : nous nous flattons que la liberté noble, «et en même-tems respectueuse, avec laquelle « vous informerez notre digne Grand^Maître de « cequi s'est passé dans notre assemblée au sujet «de ce mémorial, sera approuvée de son Émi- «'nence, et qu'elle produira lefïet que nous en ** attendons » .
Dans la langue d'Italie, on n'est obligé que de' fournir quatre quartiers ; mais il faut deux cents dns d'une noblesse reconnue pour chacun de ces quartiers: sçavoir, celle du père et de la mère,
celle de Tayeul paternel et matemd ; et il feot faire voir que ces quatre Maisons ont ea , chacune , depuis deux cents ans , la qualité de nobles. L on n exige pareillement le blason et les armes que de ces quatre fomilles , sans reaionter, comme en France, jusqua la bisayeule. 11 iaat encore observer, à Tëgard de la langue d^ltalîe , que, dans les Répttblic|ues de Gènes et de Lucques , et dans les États du grand-duc , le trafic et le commerce de banque ne déroge point comme dans les autres prieurés de la même langue, et dans toutes les autres langues de TOrdre. On prétend que , sur cet article, on n est pas plus scrupuleux à Rome , et dans tous les Étals du Pape, qu a Gènes et a Florence : sur quoi on peut dire, que cest faire des cbevalies» d'une noblesse de bien bas aloi.
A regard des langues d'Arragon et de Gastille, laspirant doit présenter, d abord , les noms de ses quatre quartiers , cest-Â-dire, de son pèie et de sa mère, de son ayeul paternel, de son ayeole maternelle, et déclarer, par sa requête , de quds lieux ces quatre Maisons sont originaires : sur quoi le Chapitre du prieuré, où il s est adressé, dépèche secrettement des coramissaii^es qui sy transportent, pour informer si ces Maisons sont réputées nobles , et si elles ne descendent pas orn ginairement de familles Juives ou Mahométanes. Si le rapport de ces commissaires secrets est favorable au présenté, on lui en donne d autres pour faire des informations auprès des seigneurs
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et des personnea les plus qualifiées de chaque can» ton; et ces commissaires ont coutume de sur-r prendre, autant quils peuvent, ceux quils veulent interroger, afin qu ils ne soyent pas prévenus • On se contente des dépositions de ces seigneurs et de ces gentilshommes, sans demander ni tt très, ni contrats, comme on fait en France.
Ainsi toute la preuve de. noblesse , dans le» prieurés des Espagnes , consiste en informations et en interrogations sur les quatre quartiers. On ajcTute des visites dans les églises où sont les tombeaux; épitaphes, et autres marques d'honneur des ancêtres du présenté, et poiiir examiner si leurs armoiries sont conformes à celles du présenté. Car, outre la preuve. authentique de la religion et de la noblesse du présenté, depuis la quatrième génération, ou est encore obligé de présenter, sur une feuille de papier, un écu écartelé des quatre quartiers qui forment la preuve, c est-à-dire, des quatre Maisons produites pour la preuve de noblesse.
Dans le royaume de Portugal , qui fait partie de la langue de Castille , il n est pas nécessaire de faire les informations secrettes et préliminai* res sur la qualité des Maisons des quatre quartiers; parce que, par un ancien usage que |es rois de cette nation ont établi, on conserve, avec un grand soin , dans des registres publics , les noms de toutes les Maisons nobles du royaume ; et , si les quatre quartiers dont le prétendant est descendu, ne s y trouvent point insé-
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rë«, on ne passe point aux informations publiques.
Il n y a point , dans TOrdre de Malte , de langue et de nation où les preuves soyent plus rigoureuses, et se fassent avec plus d exactitude que dans rAnemag[ne. On ny admet point pour che- Taliers de justice, comme dans les autres langues, les enfens naturels, et les bâtards des souverains, lies en fans légitimes des premiers magistrats, et dont les Maisons sont reconnues pour nobles, en sont pareillement exclus; parce que leur noblesse est réputée noblesse civile , qui ne peut pas entrer dans un corps où Ton ne re<;oit qu une noblesse militaire de nom et d^armes ; et lusage de la langue d'Allemagne est d exiger, pour la réception des chevaliers , les preuves de seize quartiers, et les mêmes preuves qu'on exige dans les nobles collèges de cette nation. Les gentilshommes, qui déposent comme témoins, affirment, par serment , que ces seize quartiers sont très-nobles; que la généalogie que le prétendant a présentée est très-fidelle, et prouvée par des titres authentiques ; et « que tous les quartiers produits sont de Maisons déjà reçues dans les assemblées des cercles, et capables d entrer dans tous les collèges nobles. Il faut descendre d'un sang bien pur, et dont toutes les alliances seyent bien nobles, pour pouvoir faire prauve de ces seize quartiers. Cependant on est si rigoureux dans cette langue, qu'on ne lais^eroit pas passer* un seul quartier qui auroit été refusé dans quel-
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que collège: cest ce qui a fait dire que si quc^ique fils du Graod-Seigneur, après Vêtre converti, vouloit se faire recevoir chevalier dans la langue d'Allemagne , il ne pourroit pas y être reçu, tant par le défaut de légitimation , que par la difficulté de fournir les seize quartiers du côté des femmes.
Quand il ne manque rien aux preuves d'un chevalier, il peut être reçu, en trois tems, ou à trois âges différens. Il est reçu de majorité à seize ans , quoiqu'il ne soit obligé de se rendre à Malte qu a vingt ; et il paye , pour droit de passage , environ deux cent soixante écus d'or, valant cent sols en espèce. Secondement, on peut entrer page du Grand-Ma!tre; on y est reçu dès Vâge de douze ans , et on en sort à quinze : le droit de passage pour ce jeune page, est à-peu«près le même que celui qu'on paye , quand on est reçu de majorité. Enfin, depuis environ un siècle, oh fait des chevaliers de minorité et au berceau: usage très'récent , que la passion des pères et mères, pour l'avancement de leurs enfans, a rendu très-commun, et dont nous rapporterons très*succinctement l'occasion.
Dans le tems que la religion étoit en possession de l'isle de Rhodes, il y avoit, dans la ville de ce nom, un endroit appelle Collachium, ou le Cloître, quartier destiné pour le logement seul des religieux , et séparé des habitans séculiers. Dans le Chapitre général, tenu à Malte en i63 1 , il fut résolu de construire un pareil cloître ;
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il falloit f pour lexëcution de ce dessein , un fonds de cent mille écus. Lardent manquant dans le trésor, on résolut, pour y suppléer, d'accorder cent dispenses pour recevoir, dans l'Ordre, cent jeunes enfans, n condition qu'ils donneroieiit , chacun, pour droit de passage, mille écus, sans compter d autres menus-droits. Les cent dispenses furent bientôt i^emplies ; mais le Collachium ne fut point bâti : largent, qui provint de ce prétexte, fut employé à d'autres besoins; et on a trouvé l'invention si commode, qu au défaut d'un Chapitre général , on a recours à lautorité des Papes, qui, par des Brefs particuliers , permettent cette réception de minorité, à condition de payer, pour le droit de passage , trois cent trente -trois pistoles, au prix courant des pistoles d'Espagne. Ce droit de réception est appelé droit de passage^ et tire son origine dune somme d argent qu'un jeune gentilhomme, qui vouloit aller prendre l'habit à Jérusalem ou à Rhodes, payoit au patron qui l'y conduisoif.
Telle est , à-peu-près, la forme qu on observe dans la ix)Ccption des chevaliers de justice , et dans les preuves qu'on exige de leur noblesse. A l'égard des frères chapelains ou conventuels , et des frères-servans d'armes , qui ne sont point assujettis à ces sortes de preuves, ils ne laissent pas detre obligés de faire voir qu'ils sont issus de parens honnêtes gens , qui n'ont jamais sc^rvi, ni pratiqué aucun art vil et méchanique; et de plus que leurs pères et mères, leurs ayeuls pater-
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nels et maternels , et eux-mêmes sont nés en légitime mariage. Les frères-servans, soit d'église ou d armes 9 cjuoiqu issus de parens roturiers , ne laissent pas, en qualité de religieux, de faire partie du corps de l'Ordre conjointement avec les chevaliers de justice ; et ils sont appelles à lelection du Grand-Maitre, à laquelle ils con^ tribuent de leurs suffrages. Les chapelains ont même l'avantage que c'est de leur corps qu'on tire l'évêque de Ma)te et le prieur de l'église de Saint-Jean , qui ont , après le Grand-Maitre , ou en son absence , après son lieutenant , les premières places dans le Conseil. Mais ce sont les seuls de ces deux dernières classes, qui ayent part au gouvernement; et toute l'autorité est entre les mains des chevaliers de justice. C'est pour les en dédommager qu'on leur a assigné quelques commanderies auxquelles ils succèdent, tour-à-tour, selon leur rang, et l'antiquité de leur réception ; outre qu'ils sont reçus et nourris^ comme les chevaliers, dans les auberges de leur langue.
Il y a, à Malte, sept Palais qu on nomme Au-^ berges^ où peuvent manger tous les religieux, soit chevaliers ou frères-servans, tant les profès^ que les novices des sept langues. Les commandeurs , qu'on suppose assez riches pour subsister des revenus de leurs commanderies, ne s'y présentent guères : chaque chef ou pilier de Tauberge , y occupe un appartement considérable. Le trésor de l'Ordre lui fournit une somme , soit
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en argent, soit en grains ou en huile, pour les alimens des religieux de son auberge. Sa table particulière* est servie avec une abondance qui se répand sur les tables voisines ; mais, avec tout cela , les religieux feroient souvent mauvaise chère, si le pilier de lauberge ne suppléoit , de ses propres fonds, à ce quil tire du trésor. Mais, comme ceux qui tiennent lauberge ont droit à la première dignité vacante dans leur langue, chacun cherche , dans ses épargnes , ou dans la bourse de ses amis, de quoi soutenir, avec honneur, cette dépense. Si lauberge est vacante par la mort , ou la promotion du pilier à une di* gnité supérieure, le plus ancien chevalier de la langue y entre en sa place. Il est indifférent sil est commandeur ou simple chevalier; il suffit qu*il soit le plus ancien chevalier de sa langue ; qu'il ne doive rien au trésor; et, en cas qu'il possède des biens de VOrdre, quil ait fait ses améliorissemens , et le papier terrier; qu'il ait dix ans de résidence au couvent; enfin, qu'en vertu de son droit danciennçté, il ait requis la dignité vacante, qui, toute onéreuse quelle est, ne laisse pas d être recherchée, parce qu elle sert toujours de passage à un autre, qui, par ses revenus, dédommage amplement des frais quW a faits.
C est [ainsi que de jeunes chevaliers, après avoir fait leurs caravanes, pour parvenir plutôt à la commanderie , demandent à armer des galères. Quoique le trésor fasse toujours une partie