‹ Œuvres choisies de l'abbé de Vertot (volume 3)Chapitre 28 sur 47 · DE I^OÏIDRE DE MALTE. 2C · texte numérisé non relu

DE I^OÏIDRE DE MALTE. 2C

de la dépense de ces armemens , il en coûte en* core à ces jeunes chevaliers des sommes assez considérables, pour mériter den être dédommagés par une commanderie de grâce, quils reçoivent ordinairement de la libéralité des Grands-Maîtres.

Pour subvenir à tant de dépenses différentes , que rOrdre est obligé de faire, soit pour la nourriture des chevaliers , Tentretien de Thôpital , et les armemens par terre et par mer, on en tire les fond^ des prises qu on fait sur les infidèles , sur le droit de passage , sur le mortuaire et le vacant. On appelle mortuaire les effets d'un chevalier mort; et, s il est commandeur, le revenu du reste de Tannée, depuis son décès, jusqu'au premier jour de mai en suivant. Le vacant s ouvre au profit de l'Ordre , et dure encore une année. Enfin le revenu le plus solide de FOrdrc consiste dans les responsions qu on lève sur les prieurés, les bailliages et les commanderies : emplois et dignités dont nous allons traiter chacun en particulier.

ARTICLE IIL

Des Dignités, Prieurés , Bailliages et Commande^ " deries ^attachées particulièrement aux Chevaliers de justice. ' •

On a vu , dans l'histoire qui précède ce traité , que l'Ordre est partagé en huit langues : sçavoir^

agi DU GOUVERNEMENT

Provence, Auvergne, France, Italie, ArragOD, Angleterre , Allemagne et Castille. Chaque langue a une dignité particulière qui lui est attachée. La Provence possède celle du grand-cominandeur. I^ maréchal est tiré de celle d^Auvergne. La langue de France possède celle de grand- Hospitalier. L amiral est pris dans celle dltaKe. Ije drapier, quon appelle aujourd'hui grandconservateur, est de la langue d'Arragon. Le turcopolier, ou le général de la cavalerie, étoit autrefois de la langue (KAngleterre ; mais , depuis le changement de religion qui s est fait dans ce royaume, le sénéchal du Grabd-Maftre est revêtu de ce titre. La langue d'Allemagne fournit le grand-bailli de TOrdre, et la langue de Castille le grand^hancelier.

Dans la langue de Provence, il y a deux grandsprieurés, Saint-Gilles et Toulouse, avec le bailliage de Manosque. 11 y a , dans le prieuré de Saint*Gilles, cinquante -quatre commanderies, et trente-cinq dans le grand^prieurédeToulonse.

La langue d'Auvei^ne n^a qu'un grand-prieuré, qui en porte le nom avec le bailliage de Lyon, appelle anciennement le bailliage de Lureul : on trouve, dans ce prieuré, quarante commanderies de chevaliers , et huit de frères-servans.

La langue de France a troi$ grands-prieurés : le grand-prieuré 8e France, qui contient quarante-cinq commanderies; celui d'Aquitaine, qui en a soixante-cinq; et le grand -prieuré de Champagne , où il 3'en trouve vingt-quatre.

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Dans la même langue est encore le bailliage dç la Morée, dont le titre est à Paris, à Saint- Jean de Latran, et la charge de grand -trésorier unie à la commanderie de Saint -Jean de Gorbeil.

En Italie, le grand-prieur de Rome a, sous lui, dix-neuf commandeurs; le prieur de îiombardie, quarante-cinq; le prieur de Venise, vingt-sept ; les prieurs de Barlette et de Capoue en ont ensemble vingt-cinq ; le prieur de Messine, douze ; le prieur de Pise , vingt -siii^; et les baillis de Sainte-Euphémie, de Saint-Étienne de Monopoli, de la Trinité de Venouse , et de Saint- Jean de Naples, sont compris dans la laingue d'Italie.

L'Arragon , la Catalogne et la Navarre composent la langue d'Arragon. Le grand -prieur d'Arragon, appelle communément, dans l'histoire, le castèllan d'Emposte', a, dans sa dépendance, vingt- neuf commanderies; le prieur de Catalogne, vingt-huit; et le prieur de Navarre, dix-sept; le bailliage de Majorque est de cette langue, dont le'bailli de Capse, en Afrique, dépendoit pareillement. Mais la religion a perdu ce bailliage par la perte de Tripoli et de son territoire.

La langue d'Angleterre et d'Ecosse comprenoit autrefois le prieuré d'Angleterre, ou de Saint- Jean de Londres, et celui d'Irlande: il y avoit, dans ces deux prieurés, trente-deux commanderies , outre le bailliage de l'Aigle.

lijG DIT GOUVKBNKMENT

liT (;rand- prieur <rAlleinaf;ne est prinee an %Sainl-Empire, et demeure à Heilersheim. Il a. daiitf ha dc^pendance, tant dans la Haute qae dauH la Basse Allema(;ne) sdixante-sepi cooi* manderies, sans compter les prieurés de Bohême et de Hongrie, et le haillia{;e de Sonneberg, à présent poHScWlé en titres par des liUthéricns.

La Castillc, les royaumes de Léon et de Por»

Uiffa] « composent la lan{;ue que Ion nomme df (lastille. Il y a viii{;t^ept comnianderirs sous Ic^ prieurt's de Casiille et de liéon ; et celui de Por- Uï{\{\l f appell<^ le prieuré de Crato , en a trenteune , sans compter le haillia(;e de la Bnuêde. I^ titre in parlihus tic Imilli do Né{;repont , est commun aux Ian(;ues de Castille et d*Arragon ; ainsi il se trouve actuellement près de cinq cents cominanderics dans TOrdre, sans compter les prieurés et les haillia(;es.

liCs commandericSf et f[énéralement tous les hiens de cet Ordre, en quelque pays qu^ils soyent, appartiennent au corps de la religion. Anciennement ils étoienl aftermés a des receveurs et à des fermiers séculiers, ((ui pay oient le prix de leurs baux au commun trésor; mais, par Téloignement où étoit la ville de Jérusalem ,, et depuis Tislede Rhodes, ces fermiers séculiers s*étant trou* rés peu fidMes , on conféra la régie de ces biens aux grnnds-prieurs, chacun dafis leur district. Ce qui nctoit qu une simple administration et un dé|)6t, devint bientôt, entre leurs mains, un titre de propriété: sous diflcrens prétextes, et

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