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et dediaricé, et qae, pour la foire reœvoîr, il e«t fait, à k hce de toute la Judée, des nurades sorprenans, cependant sa mission, malgré tous ces mirades> aa- Toît pas eu un succès plus heureux que celle de M oyse ; que les prêtres et les Pharisiens 1 avoient touIu taire mourir; mais que, dans le moment de son supplice et de sa passion, Dieu Tavoit enleyé an cid, et dérobé à la fureur de ses ennemis : autre Cable encore empruntée, en partie, de la doctrine de Oriathe. Mahomet ajoute que les Chrétiens, depuis aon Ascension, avoient altéré sa loi, qui setoit perdoe par de {susses interprétations, et qu elle n^étoit plus canonique ; qu enfin Dieu 1 avoit envoyé comme aon dernier prophète, et plus grand que Moyse et que Jésus, pour purifier la religion des fables que les hommes , sous le nom de traditions et de mystères, y avoient introduites ; et pour les réduire tous dans Tunité de créance et dans lobservance de la même loi, dont il nétoit que le ministre, et le porteur des ordres da ciel.
G^est de ces différens principes que Thabile imposteur avoit bftti son système. Le Juif lui avoit fcHiroi celui de leustence dun seul Dieu, mais sans multiplication de personnes: il défend expressément, dans rAlcoran, qu on attribue à Dieu ni fils ni filles(i); et, par cette défense, il donne l'exclusion aux trois prétendues déesses des Arabes idolâtres; et il ruine en même tems le mystère de la Trinité et le mérite de la passion de Jésus-Christ.
Il paioli qu'il avoit tiré ce premier axiàrae de Funitë
(i) Ne coQtid^rei-vout jamais qve Dieu est senl et aana postérité? Loue soit Dieu, il n'a ni fils ni filles autres que 1rs gens iU bien qui l'adorent, et qui obserrent ses comniandeuie&s. AU. cap. 17. i^rs la fin.
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cle Dieu , des paroles du Deuterouome où il est dit : écoute^ Israël j notre Dieu est un: ce quil a parodié par ces paroles Arabes, la illach , iUalach: Il ny a point d autre Dieu que Dieu; et, pour recommander en même tems sa mission, il ajoute, dans la même langue, ou Mahammed resoûl, etMahomet est Fenvoyé de Dieu : autres paroles visiblement copiées d après celles quon lit dans Févangile de Saint-Jean: «cest- « là la vie étemelle , qu'ils vous reconnoissent seul vrai tt Dieu, et Jésus-Christ que vous avez envoyé, et quem m misùtijilium, » Mahomet, pour se concilier les Juifs et les Chrétiens, empruntoit également des faits et des passages de Fancien et du nouveau Testament.
Ce fut par complaisance pour ses compatriotes, et sur^tottt pour les Juifs Arabes, qu'il retint Fusage de la circoncision, quoique, dans FAlcoran, il nen soit iait aucune mention; mais, depuis plusieurs siècles^ cette pratique étoit déjà établie indifféremment parmi la plupart des Arabes.
Orîgène (i), qui n étoit pas éloigné de FArabie, rapporte que tous les Ismaélites, qui habitent cette région, se font circoncire, dès qu'ils sont parvenus à leur treizième année. Saint-Jérôme confirme la même chose dans son commentaire sur Jérémie (s). La plus grande partie de ces peuples, dit-il, qui environnent la Palestine , observent la circoncision ; mais principalement les Égyptiens, les Moabites, et tout le pays des Sarrasins qui habitent dans les solitudes, c est-à-dire, dans les déserts de FArabie. Ce qui pourroit faire présumer que la religion seule n étoit pas le motif de Fétablissejnent de cet usage.
(i) Dans ses PhUocalies, chap. a3. — * Hist. Ecc. pag. io3. (a)Chap. 10.
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Cependant il est asseï Yraisemblable que Makomet n a recommandé la circoncision , Tabstinence de la chair des pourceaux et des viandes suffoquées, que par complaisance pour les inih qu il Tooloît attirer dans sa secte; mais quelques docteurs de la même religion ont, depuis, enseigné qu'il na adopté la circoncision que pour mieux observer le précepte de la propreté, par lequel il est défendu de laisser tomber de Turine sur la partie de la peau qu'on retrandie exprès.
A regard de lusage du vin , apparenunent que Mahomet ne rinterdit que pour relever la perfection -de sa nouvelle loi, et peut-être qu'il voulut que ses disciples eussent cela de commun avec les Recabites et les Nazaréens, qui ne buvoient aucune liqueur qui pût enyvrer. Dautres prétendent qu'il ne défendoit Fusage du vin, que pour éviter les querelles qui naissent souvent au milieu des plaisirs de la table : outre que, dans un pays aussi brûlant que l'Arabie, feau et les liqueurs rafraîchissantes étoient peut-être plas agréables que le vin. Mais je doute que cet article de sa loi eût feit fortune, si Mahomet eût commencé sa mission par les peuples du nord. « Abstenei-vous , dit «ce législateur à ses disciples, du \in, de jouer aux « jeux de hazard et aux échecs : ce sont des inven- « tions du démon pour répandre la haine et la divi- « sion parmi les hommes, pour les éloigner de la prière, « et pour les empêcher d'invoquer le nom de Dieu. ^
Ce fut des Chrétiens que Mahomet emprunta Fusage fréquent de la prière qu'il fixa à cinq fois par jour, la pratique du jeûne du carême , et le payement de la dixme de ses biens ; mais qu'il détermina en faveur des pauvres.
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. Quoiqu^il eût condamné s'évèrement tout culte qui ne 9 adressoit pas directement à un seul Dieu, cependant, pour ne pas aliéner tout-à-fait Fesprit des Mecquois, et afin de les prendre par leur intérêt , il fit un précepte, pour ceux qui en auroient la foite et le moyen, du pèlerinage au grand temple de la Mecque, après , dit-il , qu il seroit purgé d'idoles ; et il fit cette ordonnance, parce que laffluence des pèlerins produisoit beaucoup d argent dans un pays d ailleurs stérile. Il admit depuis , en faveur des payens , certaine espèce de prédestination mal-entendue, et jpeu différente de ce que les anciens appelloient le Destin; et il enseignoit que , si le moment fatal de la mort d'un homme n étoit pas arrivé, il seroit aussi en sûreté. au milieu de mille épées nues tournées contre lui, que s'il étoit seul dans sa maison et dans son lit : principes dont ses successeurs, dans leurs guerres, ont tiré depuis de grands avantages; et on a vu plusieurs fois, malgré Timjpression que fait naturellement le péril , des soldats Mahométans se précipiter gayement dans les armes de leurs ennemis, persuadés qu'ils n'avoient rien à craindre dans cette occasion, s'ils n'étoient pas prédestinés à y mourir. « Il n'est pas possible , dit Mahomet dans u Je chapitre Amiram , qu'une personne meure sinon ¥ dans le tems prescrit et déterminé par le décret « immuable de Dieu. »
Ce mélange adroit de différentes religions, et où chacun croyoit entrevoir des traces de sa première créance, séduisit plusieurs personnes; et Fhabile imposteur, pour établir ses erreurs, emprunta des Juifs et des Chrétiens de grandes vérités, et quelquefois même la pratique de grandes vertus. Si notre divin Sauveur nous a recommandé, en termes exprès, de
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bire da bien à ceux même qui nous penécment, Mahomet, à son imitation, à la fin dn diapicre Jlarafs s'exprime ainsi \ faites du bien à tous : et 1 anteor do Kejchef^ un de ses commentateurs, rapporte que Mahomet ayant reçu de Fange Gabriel ce verset, et lui en ayant demandé Texplication, Fange y fit ce comnen- » taire : « Recherches celui qui vous chasse ; donnez « à celui qui vous a 6të; pardonnez à celui qui tous of- « fense ; car Dieu reut que vous jecties , dans vo5 « âmes, les semences des plus grandes rertoa. *
La polygamie et la pluralité des femmes ftit Fartide où il s*éloigna le plus de la pureté du christianisme; mais il avoit trouvé les Juifs et les Arabes idoUtres en possession de cet usage. Ainsi il permit, à ses disciples, de pouvoir épouser, en même tems, juscpà qiuitre femmes légitimes (i) ; et comme ce lég[islateur ne se croyoit pas obligé de plier sous la loi qui étoit son ouvrage, il prit au moins quinze femmes; d antres diluent vingt et une. Cétoit sa passion fiivorite : il eu fiiii lui-même laveu ; et il déclare que, de tous les plaisirs, il n étoit touché que des odeurs agrrables et du commerce des belles femmes. Deus dekciaSionem meam in suauibus odoribus et in nudierièus (a), ainsi que le rapporte lesçavant Maraccy,confesseur dnPape Innocent XI, le dernier et le plus fidèle traducteur que nous ayons de rAlcoran.
Cependant, malgré sa complaisance pour sa propre inclination et pour celle de ses concitoyens, Mahomet «éprouva une grande résistance de la part du niag;istrat de la Mecque et des principaux de sa tribu. On voit, dans le chapitre vingt-cinq de FAIcoran, qnon le trai*
(i) Air. chap. IV. — (a) Pag. 3i.
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toit publiquement d*inipo8teur, et que la pIApart (ks Corisiens disoient hautement que son livre n'étoit qfu'un tissu de fables, soit de son invention, ou forge par le secours d'autres imposteurs ; et , dans le chapitre 16, il désigne particulièrement celui qui étoit soup«çonnë d'en être Fauteur : « Je sçais , dit-il, en parlant « de lui-même, qu'on dira qu'un homme m'a enseigné «TAlcoran; mais, ajouta-t-il, celui qu'ils prétendent n en être^l'autenr secret, est Persan de naissance, et a parle le langage dé la Perse ; au lieu que l'Alcoran « est écrit en Arabe, et rempli d'instructions et d*élo- « quence. » L'habile imposteur, pour ne pas perdre le mérite de son ouvrage, ne se servit dans sa composition que de deux étrangers, l'un Grec, et l'autre Per-san , qui à peine entendoient l'Arabe ; et , encore^ pour se déftiired'un témoin incommode, on prétend qu'il fit depuis périr le premier, qui y avoit eu le plus de part.
Ce qui l'embarrassoit le plus, c'est que les habitans les plus sensés de la Mecque lui demandoient, pour caution de sa nouvelle doctrine, qu'il l'autorisât par des miracles, les lettres de créance les plus certaines pour un prophète (i). Moyse, Jésvs et les autres pro^ phètes, lui disoient-ils, de ton propre aveu, ont fait des miracles éclatons pour prouver leur mission ; pourquoi , si tu es prophète , et plus grand qu eux , ne fois-tu pas de semblables merveiUes ?^
Pour se débarrasser d'une objection si pressante, il 8e tpurnoit de tous côtés. Tantôt il leur disoit que les miracles venant de la main toute - puissante de Dieu , les hommes ne pouvoient pas sçavoir le tems
(i) Gantacucenis Orat. i . contra Mahometem..
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qu*il «Toit dëiermioë pour les faire parottre (i) ; tantôi il leur reprocboitque, quand ils yerroîeotdes niinde$, ils ne se convertiroient pas; d'ailleurs que sa missioQ n'étoit que pour leur annoncer la parole de Dieu, telk qu'il laToit reçue de Tange Gabriel (a); et il ajoutoit que le plus grand de tous les miracles ëtoit rAlconn même , si pariait dans toutes ses parues , qu'il ne poo- ▼oit être 1 ouvrage des hommes les plus sçavans, ni même des démons, et encore moins d un simple particulier, comme lui , qui navoit jamais sçu lire lu écrire.
Mais le magistrat de la Mecque ne s'élant pas paye de si foibles raisons (3), où l'imposteur apportoit pour preuve ce qui étoit en question, et d^ailleursk soupçonnant de plus hauts desseins, et de se vouloir faire le tyran de son pays, le proscrivit conodone un sédineui^ et lobligea de sortir de la Mecque.
Mahomet vit bien que, par la voye seule de la p^^' suasion , il ne viendroit pas à bout de ses projets ambitieux : ainsi il résolut d'avoir recours aux armes ; et, pour autoriser cette démarche, il ne manqua pas» ^ son ordinaire , d'appeller le ciel à son 'secours. Et aussitôt il publia, parmi ses disciples (4), que l'ange Gabriel lui avoit apporté une épée de la part de Dieu, avec ordre de soumettre, par la force des armes, ceux qui refuseroient d'embrasser sa doctrine.
Il commença cette guerre de religion par piller oeî» caravanes. Le butin qui a tant de charmes pouriei» Arabes, en attira un grand nombre sous ses Eo^^^ff^^'
(i) Aie. chap. 6. — (a) Pacok. Spec, Hist. Arab. pag. i9'- '^J'T Aie. chap. a, loet 17. — (3) Aie. chap. 7 , — Elmacin , k° ' ch. a. — (4) Aie. chap. 4-
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jivee leur secours il ravagea la campagne, surprit des châteaux, emporta même des villes; et, eu faisant d abord le métier de brigand , il apprit insensiblement celui de conquérant.
Il ne faut point chercher ailleurs la cause des progrès étonnans que cette secte fit, en peu de tems, dans r^rabie ; et apparemment que, si Mahomet Feût jyu prévoir, il se seroit épargné la peine de forger tant de révélations , et de rajuster ensemble plusieurs pièces détachées du Judaïsme et du Christianisme. On sçait qu'en moins de onze ans il se rendit mattre de la plus grande partie des trois Arabies; le succès de ses armes passa ses premierâ projets ; la fortune le mena plus loin qu'il n avoit osé espérer. Mais comme ses guerres , ses conquêtes, et celles de ses successeurs ne sont point de mon sujet, je me contenterai dédire qu il unit le sacerdoce avec Fempire ; que ses disciples furent ses premiers sujets ; qu'il força les «titres à se soumettre à sa domination ; que ses armes furent les fondemens de sa nouvelle religion ; et qu'il ne les prit , en apparence, que pour l'établir plus promptement. C'est sous ce même prétexte que ses successeurs se sont emparés de l'Asie, de l'Afrique, et d'une partie de l'Europe : et jusqu'où n auroient-ils point étendu leurs conquêtes, si Dieu n'avoit opposé à leurs armes le courage intrépide des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui, depuis plusieurs siècles, servent de boulevard à toute la Chrétienté ?
Les Arabes furent les premiers peuples de l'Asie qui embrassèrent la religion de l^ahomet, les uns par la crainte de sa puissance, d'autres entraînés par la contagion de l'exemple, quelques-uns séduits par Tappât des voluptés : il y en eut qui se laissèrent tou-