II
i^ ÉLÉGIES.
II passe sous tes murs; ta fenêtre s'entr'ouvre;
Ton œil , avec effroi s'égare et le découvre.
<c O ciel, t'écrieras-tu peut-être en ce moment,
)) D'un semblable destin préserve mon amant! »
Ton amant ! il n'est plus ! hâte-toi de descendre;
Le cercueil te ravit sa fugitive cendre;
Mon ombre peut encor goûter quelques douceurs:
Enlève ton amant aux prêtres ravisseurs;
De ces vautours sacrés un lugubre nuage
De mon cercueil en vain te défend le passage.
Accours! et romps le joug des timides égards; De plus près sur ma tombe attache tes regards: Fais parler tes sanglots, ton silence, ta flamme, Et ces larmes d'amour, souveraines de l'âme! Va! le sceptre des rois est moins impérieux Qu'une larme timide échappée à tes yeux.
Ose aimer sans rougir; ose avouer ta perte; Lève ces noirs atours dont ma tombe est couverte; Gémis sur ton amant! tes soupirs, tes douleurs. Tes regrets, tes sanglots vont passer dans les cœurs. Ose me disputer à la Parque farouche; Mets ton cœur sur mon cœur, ta bouche sur ma bouche; Couvre de tes baisers et mes yeux et mon sein.... Tu sentiras mon cœur palpiter sous ta maini