‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 11 sur 74 · ELEGIE VIL · texte numérisé non relu

ELEGIE VIL

L'amour ne dit point vous à sa tendre Psyché; Et ce mot criminel est sorti de ma bouche! J'ai prononcé d'hymen le nom triste et farouche! Tes larmes, ô Fanni! me l'ont bien reproché. Ah ! de ton cher Mysis ne crains plus ces outrages; Pardonne un vain dépit qui s'exhale en soupirs ; Les querelles d'amour animent ses plaisirs. Si nous versons des pleurs; si de légers nuages Menacent de troubler nos destins les plus doux, Un zéphyr enchanteur apaisant ces orages. Calme aisément des flots qui grondaient sans courroux. Qu'un regard de Mysis Ûissipe tes alarmes. Chère amante ! crois-en Mysis à tes genoux; Crj>is l'amour; dans tes pleurs vois-le tremper ses armes. Pour me blesser encor, pour assurer tes coups. Ne crains plus que ces noms et d'hymen et d'époux De cet amour si tendre empoisonnent les charmes: Ce vulgaire destin, ces langueurs, ces dégoûts. Si nous sommes amans ne sont point faits pour nous. Mais, hélas! trop heureux..., nous devions par des larmes Expier un bonheur qui fait tant de jaloux.

ÉLÉGIE YIII.

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