A NÉMÉSIS
Toi, qu'invoque en ses pleurs l'innocent qu'on outrage,. Toi, qui semblais trahir mes vœux et mon courage, Des crimes de l'amour, des crimes de Thémis, Tu me venges enfin, tardive Némésis!
Tu me fais de ta coupe enfin goûter les charmes, Avant te doux nectar, ô que jai bu de larmes'. Sous mes pas innocens que de pièges dressés ! Quel noir et long tissu de maux entrelacés! J'ai, durant sept hivers, jouet d'un sort barbare. Fatigué de Thémis le labyrinthe avare.
Depuis ce jour, fatal au reste de mes jours. Qui de treize ans d'hymen empoisonna le cours.
Ah! le calme riant de mes jeunes année; M'annonçait-il, grands dieux! ces noires destinées? Quand je parais Fanni de myrtes et de fleurs, Ah! croyais-je à Fanni devoir un jour mes pleurs? Quand je fermai sa' tombe aux dépens de ma vie, Pensais-je qu'elle-même un jour me l'eût ravie? Ma candeur n'eût jamais soupçonné ces revers. De mes illusions je parais l'univers.
Je me fis des vertus une chimère auguste. J'osais même penser que Thémis était juste.