LIVRE PREMIER
Complice du forfait que tu n'oses confondre. C'est en l'exterminant que tu dois me répondre.
Et tu restais muette au cri de mes douleurs 1 Et le succès du crime insultait à mes pleurs ! Et j'entendais gronder la haine étincelante] Et je voyais pâlir l'amitié chancelante! Et dans cet unirers, saisi d'un lâche effroi. Contre tous mes tyrans je n'avais plus que moi! Je dévorai mes pleurs, et j'embrassai ma lyre. Armé de l'infortune, ivre d'un saint délire. Mon génie indigné tonna sur des pervers. Je condamnai leur chef aux totirmeus des enfers ; Dans les siècles futurs je traînai sa mémoire; Je le couvris de honte au flambeau de la gloire; Et son nom , expirant sous ma juste fureur. Déjà de l'avenir est l'opprobre et l'horreur.
Viens ! viens, ô Némésis! seconde ma vengeance. Sur mes lâches tyrans frappons d'intelligence! Périsse jusqu'au nom d'un sénat odieux, Et qu'un fils d'Apollon soit vengé par les dieux 1
a4 ELEGIES.
L'hiver a disparu : la frileuse hirondelle Ramène les zéphyrs voltigeans autour d'elle. Au chant de mille oiseaux, déjà le doux printemps De roses couronné , descend sur nos rivages. Il rient nous rendre encor les heaux jours, les ombrages. Et ces jeunes gazons si connus des amans. Sur nos champs refleuris il étend ses conquêtes; Il paraît: l'univers semble éclore à ses yeux; Il sourit, et les vents, déchaînés sur nos têtes. Courbent devant son char leurs fronts séditieux : Le printemps est l'amour des mortels et des diens; Il caresse les airs, il endort les tempêtes, n éveille l'aurore , il épure les cieux. Et prête au dieu du jour un char plus radieux-
Mais, hélas! sa présence et si chère et si pure. Qui rend le calme aux flots , aux cieux, à la nature, Rendra-t-elle jamais à mon cœur désolé Ce calme de mes sens que Vénus a troublé; Ou ce bonheur si doux, songe, hélas! trop perfide. Qu'amour me fit goûter au sein d'Adélaïde *?