‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 15 sur 74 · LE SONGE · texte numérisé non relu

LE SONGE

D'un piège inévitable ai-je pu me défendre? Amour! fatal amour! et toi, Zelmis, et toi Dont la douce amitié m'enchaina sous sa loi. Tu prêtais à Tamour ta voix flatteuse et tendre. Ah! qui veut fuir l'amour ne doit jamais t' entendre!

Hier, quand la nuit sombre, enveloppant les cieux. Fendait les airs glacés d'un cbar silencieux, Assis auprès de toi, vers ton foyer paisible. Tes accens me liaient d'une chaîne invisible: Mon âme s'enivra de ce» récits charmans Où tu peignais si bien les transports des amans. Je respirais leurs feux; j'enviais leurs alarmes; De mes yeux attendris coulaient leurs douces larmes; Que tu me rendais chers leurs plaisirs, leurs tourmens'. Je croyais à Vénus en regardant tes charmes: L'amour m'environnait de ses enchantemens. Tout semblait ressentir mes doux ravissemens. Cette pure clarté que l'on doit à l'abeille. Attentive à ta voix, partageait notre veille;

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