II
Vulcain d'un feu plus doux pétillait à nos yeux; Des Tcnts grondans au loin la bruyante furie N'osait troubler les sons de ta boucbe attendrie.
Hélas! tu charmais tout! hors le temps envieux.
Sa main fit échapper cette heure fugitive
Qui, frappant douze fois dans l'or qui la captive.
M'ordonna sans pitié le nocturne repos.
Grands dieux! que le sommeil était loin de mon âme!
Ta voix dans tous mes sens avait porté la flamme.
Je me flattai pourtant que le dieu des pavots,
Humectant de leurs sucs ma paupière échauffée.
Assoupirait enfin jusqu'au dieu de Paphos :
Vain espoir! l'amour même avait séduit Morphée.
Un songe tout de feu m'enleva dans ses bras Jusqu'au lit où Morphée enchaînait tes appas. Ta lumière veillait : elle off'rait à ma vue. En dépit des rideaux importuns et jaloux. Ta vermeille beauté mollement étendue Sous un lin qui voilait tes charmes les plus doux. Je n'osais soulever l'importune barrière: Mais d'un baiser timide effleurant ta paupière. Je crus voir tes beaux yeux s'éveiller sans courroux. Un soupir échappé de tes lèvres de rose Suivit ce doux regard , et sembla me dire : Ose. Soudain la volupté m'embrasa de ses feux. D'un baiser plus ardent l'amoureuse licence De ina craintive audace expia l'innocence; Je devins moins coupable en devenant heureux.