LIVRE SECOND
Divitias alius fulvo sihi congerat auro,
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Ah! qu'un autre se plaise à grossir un trésor! Qu'il n'ait de dieu, d'ami, d'amante que son or. L'insensé qui, jaloux d'une vaine richesse. Inquiet, soupçonneux, veille et tremble sans cesse! Un pénible bonheur flatte peu mes désirs: Ma douce pauvreté me fait d'heureux loisirs; Content sous mes foyers de voir la flamme agile Egayer vers le soir mes pénates d'argile, Pomone ne sait point éluder mon espoir. Ni ma vigne tromper l'attente du pressoir. Le sauvage arbrisseau qu'entame un fer utile. Ici, doit à mes soins sa blessure fertile; Là, dans mes prés qu'altère un soleil dévorant-. Le docile ruisseau me suit en murmurant.
xr. 3.
5o ELEGIES.
JVion verger s'embellit sous les mains de son maître: Qu'il m'est doux de cueillir un fruit que j'ai vu naître! Je ne dédaigne point de tracer des sillons; J'aime à voir mes troupeaux errer dans les vallons. Je ramène au bercail la génisse indolente, Et l'agneau qui s'égare à sa mère bêlante.
O dieux amis des champs, dieux paisibles et doux Pan, Vertumne, Paies, je vous honore tous. Veille sur mes jardins, toi dont la faux puissante Donne aux brigands de l'air une utile épouvante ! Que mes épis dorés, prémices des guérets. Couronnent tes cheveux, bienfaisante Gérés! Dieux! jadis protecteurs d'un superbe héritage! De ses débris, hélas! recevez l'humble hommage! J'offrais une génisse en des temps plus heureux; A présent un agneau suffit avec mes vœux : Qu'il tombe à vos autels ! Qu'autour de lui rangée La rustique jeunesse en deux cœurs partagée. S'écrie: Accordez-nous les vins et les moissons! Dieux! ne rejetez point ces autels de gazons ! Cette argile est encor la même où nos ancêtres Présentaient un lait pur à vos autels champêtres. Loin, loin de mes brebis, ravisseurs ténébreux! Loups cruels, insultez un bercail plus nombreux.
Je ne regrette point les trésors de mes pères. Ni leurs palais ravis par des mains étrangères. Que me faut-il? ces champs, un lit et du repos; Un lit d'où l'amour seul écarte les pavots.