LIVRE SECOND. 4i
Pour vieillir, en héros couvert de cicatrices.
Sous un chaume indigent, seul prix de tes services.
Là, du camp de Vénus exilé pour jamais. L'hymen, le sombre hymen te rira désormais. Là, vainqueur mutilé, traînant sa lourde chaîne. Épouse, en tes vieux jours, la discorde et la haine. Mais que ton front chargé de rides et d'hivers. Des vainqueurs d'Ilion redoute les revers. Un Égysthe, souillant ces rides belliqueuses. Immolera ta gloire à ses flammes honteuses; Et la paix que tu crains, et l'amour que tu fuis. Te verront expirer dans ces mornes ennuis.
Ah ! loin de tes amans ces destins déplorables. Douce paix! rends ma gloire et mes plaisirs durables. C'est pour moi, pour Zélis que brillent tes beaux jours. Et Vénus dans ton char promène les amours.
4î ELEGIES.
Rura ineain.... tenent^ viUœque fuellam,
TiBULL.
Quel insensible cœur peut habiter la ville I Mon amante a volé vers un champêtre asile. Déjà Vénus la suit de guérets en guérets Au spectacle riant des fêtes de Cérès.
Et déjà pour lui plaire, accourant au village, Le jeune amour essaie un rustiqu 5 langage.
Oh ! que , pressant du pied la bêche au large fer. Ne puis-je ouvrir pour eJIe un champ qu'a durci l'air: Oh ! qu'il me serait doux, animé par sa vue. De peser sur le soc en poussant la charrue; Et nouveau laboureur, par les grâces formé, Affronter ou la bise, ou le sud enflammé !
Il n'est rien qu'à ses lois la beauté ne soumette. Apollon amoureux fut pasteur chez Admet e. Son luth, ses végétaux n'ont pu le secourir: Contre les feux d'nmonr que peut l'art de guérir? Son immortelie main tressa le jonc sauvage En paniers arrondis où hltrait son laitage.