LIVRE SECOND
Et YODS, de ces beaux jours conûdentes trop chères! Vous que j'arrose, hélas! de mes larmes dernières!
Lettres de mon amante ! ô mon plus doux trésor !
D'une mourante main je vous rassemble encor. Hélas ! mon œil voilé d'un lugubre nnage. Dans l'ombre de la mort voit flotter votre image. Je baise, en frémissant, vos traits mystérieux; Ma L3 coris entière y respire à mes yeux. Voilà de tant d'amour les restes déplorables. D'un fragile bonheur monumens peu durables!
O le plus doux espoir dames plus tendres vœux Tant que Vénus daigna favoriser mes feux, A son brûlant époux c'est donc moi qui vous livre ! Vos secrets à mes jours ne doivent point survivre.
L'instant fatal s'avance ô flammes! dévorez
Ces restes précieux, ces témoins adorés : Que leurs frêles débris, étincelles légères. Dans le sein des zéphyrs dispersent nos mystères : Mon cœur suivra bientôt leur destin rigoureux; Et mes derniers soupirs s'exhalent avec eux.
A GÉPHISE,
SUR UN DÉPART SUIVI d'UNE INFIDÉHTi.
Idem non frustra ventosas addidit alas, Fecît et humano corde voiare Deum.
Propbrce, Elégie xii, liv. 2.
Le premier qui donna des ailes à l'amour Peignit bien de ce dieu la fatale inconstance. Hélas ! quand il s'enfuit, il s'enfuit sans retour : Céphise, grâce à toi, j'en ai l'expérience.
Cruelle! tu partis; mais quels tendres adieux Contre un noir avenir rassurèrent ma flamme? Je vis même des pleurs s'échapper de tes yeux : Tes soupirs, tes baisers m'enivraient de ton âme; Eh 1 comme ils accusaient et le sort et les dieux 1
D'an aveugle destin le cours impérieux IVÎ'entraine, disais-tu; mais l'absence fatale Jamais entre nos cœurs ne mettra d'intervalle : Ils s'uniront toujours : quand à l'astre des nuits Nos âmes confieront leur plainte et leurs ennuis.