‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 33 sur 74 · TIBULLE A MESSALA · texte numérisé non relu

TIBULLE A MESSALA

Pars, suis dans l'Orient les drapeaux delà gloire; Cherche à travers les flots TAsie et la victoire: Mais que ton souvenir flatte le triste sort De Tibnlle, enchaîné sous l'aile de la mort, O mort, suspends tes coups i ô mort, que ta furie Attende à me frapper au sein de ma patrie; Je chercherais en vain, dans ces sauvages lieux. Un sein pour recueillir mon âme et mes adieux. Y verrais-jeune mère, une stieur, une amante. Baigner de quelques pleurs ma cendre encor fumante ? Que n'en croyais-je, hélas 1 les larmes de l'amour. Quand Délie implorait les dieux et mon retour I Ils flattaient son espoir; mais une horreur secrète Attachait à mes pas sa tendresse inquiète. Combien je reculai ces funestes moraens! Quels pleurs attendrissaient nos longs embrassemens-' A mes derniers adieux j'en ajoutais encore: Eh -L peut-on s'arracher à tout ce qu'on adore? Cent fois interrompant de sinistres apprêts, L'amour lui ramena mes pas et mes regrets. Je pars; un noir présage eu secret m'épouvante; Mais le plus triste augure est de fuir une amante ;

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