A M. LE COMTE DE
O cliarups ! Jisail Horace, ô paisible retraite I
Quand pourrai-je te voir? quand pourrai-je ea ton sein;
Loin de Rome , oublier enfin Les jours trop agités d'une vie inquiète'? Tibulle s'écriait, avec un doux chagrin , Pour habiter la ville il faut un cœur d'airain!
Comme eux, amant delanalure. Dans un champêtre asile, entre Flore et Zéphyr, Cher ami , je la goûte et plus libre et plus pure. Mon âme avec les fleurs s'y vient épanouir. Ce rapide moment, qu'on appelle la vie,
Est si prompt à s'évanouir I C'est presque le fixer que d'en savoir jouir.
Mais jouissons du moins sans irriter l'envie;
Toujours l'éclat nuit an plaisir.
Dans un sage et riant loisir, Couronner son printemps des roses de Cylhère;
Unir, à l'ombre du mjstère,
La décence et la volupté ; Sain d'esprit et de corps, penser on liberté; II. S
86 EPÏTRES.
Quelquefois d'une main légère Badiner sur un luth par les grâces monté ;
Chérir les arts sans vain système ; Donner à la nature et son cœur et ses yeux ;
Raisonn er moins pour sentir mieux ; Jouir sans abuser, ne vouloir rien d'extrême; Etre utile aux humains, mais sans régner sur eux:
Voir peu les rois , être roi de soi-même ; Nuls flatteurs, des amis, cœurs vrais et généreux ,
Que notre bonheur rend heureux; Aimer, vivre sans cesse auprès de ce qu'on aime , Trouver dans sa Délie amour, grâces, candeur;
Ami, j'en appelle à ton cœur.
N'est-ce point là le bien suprême?