‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 42 sur 74 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

A ce mot, à ce geste, à la lueur du fer.

Pâle, troublé, Nisus vole, et d'un cri fend Tair :

(( Moi ! c'est moi] j'ai tout fait, frappez votre victime;

Celui-ci n'a voulu ni pu faire le crime:

J'en atteste ce ciel, cette nuit et ces feux!

Son crime est d'aimer trop un ami malheureux ! »

En vain priait Nisus; l'inexorable épée Du beau saug d'Eurjale était déjà trempée î Il tombe , et de ses traits que la mort a pâlis , Un long ruisseau de pourpre ensanglante les lis. La Parque appesantit cette tête charmante. Tel se courbe un pavot que l'orage tourmente. Ou qui, du soc fatal en passant déchiré. Penche languissamment son front décoloré.

Dieux ! que devint Nisus à ce spectacle horrible I Il se plonge au milieu de l'escadrou terrible : Dans ses rangs, hérissés de glaives menaçans. Son fer p^e voit, ne suit, ne cherche que Volcens. Près de Volcens en vain sa troupe resserrée Offre à Nisns partout une mort assurée; Nisus roule son glaive en cercle foudroyant. Se fait j daus leurs rangs même, nu passage effrayant. Joint l'horrible Volcens, lui plonge avec furie Son glaive dans la bouche au moment qu'il s'écrie.

Nisus, percé de coups, tombe, mais en vainqueur, Et sur son Euryale expire avec douceur.

( Aventure de Faune avec Hercule et Ontfhale , tirée du livre II des Fastes d'Ovide.)

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